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Que faut-il retenir des États généraux de l'alimentation ?

Le Premier ministre a clos, jeudi, les états généraux de l'alimentation. Cinq mois de concertation entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs pour parvenir à un meilleur équilibre des prix et une meilleure rémunération des agriculteurs français. Un texte est attendu au 1er semestre 2018, avec la possibilité, pour le gouvernement, de recourir une nouvelle fois aux ordonnances. Le détail des pistes envisagées, avec Stéphanie Dépierre.

Les Etats généraux de l'alimentation vont peut-être sonner le glas des promotions agressives dans nos supermarchés. Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé, jeudi, une future loi et peut-être des ordonnances. L'exécutif compte notamment revaloriser de 10% le seuil de revente à perte et encadrer plus strictement les promotions dans la grande distribution. Deux mesures qui seront en test pendant deux ans.

Sortir de la guerre des prix

Le député La République en marche Jean-Baptiste Moreau, agriculteur dans la Creuse, se réjouit des intentions du gouvernement : "C'est une très nette évolution par rapport à l'ordre des choses. Ces Etats généraux ont été voulus par le président de la République pour inverser cette mécanique de guerre des prix qui est en train de détruire les valeurs agroalimentaires et de mettre à genoux notre agriculture."

La fin des promotions à tout-va de la grande distribution vise à réapprendre aux consommateurs la valeur de la nourriture. Au terme des Etats généraux de l'alimentation, l'ensemble des acteurs du secteur se sont accordés sur le principe de la fin du prix le plus bas.



Désaccords avec Nicolas Hulot

Nicolas Hulot a brillé par son absence, jeudi, pour la clôture des Etats-généraux de l'alimentation Un projet qu'il portait pourtant de longue date. "Le compte n’y est pas, ce n’était pas suffisamment conclusif et, donc, ce n’était pas pour moi le temps de conclure", a-t-il confié au Monde, jeudi soir. Une absence injustifiée pour le député Jean-Baptiste Moreau qui tire un bilan globalement positif de ces 5 mois de travail. "[Nicolas Hulot] est quelqu'un de très exigeant...", juge-t-il.

Des agriculteurs privilégient la vente directe, sans la grande distribution

Si beaucoup de producteurs souffrent des prix sans cesse tirés vers le bas par la grande distribution, certains agriculteurs contournent les règles en se passant des intermédiaires. Nous sommes allés à la rencontre d'un groupement de 73 agriculteurs qui pratiquent la vente directe, sans passer par le système traditionnel de la grande distribution. Pas de marge arrière : ce sont eux qui fixent leur prix. Reportage à Lormont (Gironde) de François Goulin avec François Chevré.