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Pour Blanquer, Lussault "n'était pas digne" de présider le CSP

Devant les députés, le ministre de l'Education nationale est resté flou, mardi, sur ses intentions vis-à-vis du conseil supérieur des programmes, dont le président Michel Lussault a démissionné à la fin du mois de septembre. Il a aussi critiqué le journal Le Monde, qu'il a accusé de "jouer les pompiers pyromanes".

Mardi, devant la commission des affaires culturelles et de l'éducation, Jean-Michel Blanquer a assuré qu'il ne souhaitait pas "créer des polémiques à l'infini". Et pourtant. Le ministre de l'Education nationale a profité de son audition devant les députés pour régler ses comptes avec Michel Lussault, l'ancien président du conseil supérieur des programmes (CSP), assurant notamment "qu'il n'était pas digne d'exercer" son ancienne fonction.

"Des termes qui lui appartiennent... et que je lui renvoie"

Michel Lussault a claqué la porte à la fin du mois de septembre à l'occasion d'un entretien publié dans le journal Le Monde, dans lequel il accusait notamment Jean-Michel Blanquer de "mépris" à l'égard du CSP. Autres critiques formulées par Michel Lussault : Jean-Michel Blanquer se présenterait "comme l'anti-Najat Vallaud-Belkacem" et aurait "commis une erreur politique" en apparaissant "à la une de médias comme Causeur ou Valeurs actuelles" :

Le ministre multiplie, sans discussion ni concertation, les annonces souvent unilatérales et idéologiques, à l’opposé du pragmatisme revendiqué.Michel Lussault, ancien président du conseil supérieur des programmes

Interrogé à ce propos par l'élu LREM Alexandre Freschi, Jean-Michel Blanquer n'a pas mâché ses mots :

Le président du Conseil supérieur des programmes a démissionné, il l'a fait en des termes qui lui appartiennent... Que je lui renvoie... Qui, à mes yeux, font qu'il n'était pas digne d'exercer cette fonction..."Jean-Michel Blanquer

L'avenir du CSP encore flou

Visiblement agacé, le ministre de l'Education nationale n'a pas souhaité en dire plus sur l'avenir du CSP créée en 2013 et qui a réécrit les programmes de la maternelle à la troisième lors du précédent quinquennat. "Je vais parler avec le CSP", a simplement lâché Jean-Michel Blanquer, qui souhaite "voir dans quel esprit est ce conseil".

Lundi, plusieurs membres du conseil supérieur des programmes ont en effet exprimé sur le site du JDD leurs doutes sur la philosophie du gouvernement :

Dire qu'il faut savoir lire, écrire et compter à la fin du CP, c'est une hérésie. Nous avons justement conçu des cycles de trois ans pour donner du temps aux apprentissages !Marie-Aleth Grard, membre du CSP

Le Monde mis en cause

L'avenir du CSP ne semble pas assuré : Jean-Michel Blanquer a assuré devant les députés qu'"il n'y a pas d'option (prédéfinie, ndlr) en la matière". Mais le ministre s'interroge sur "l'intérêt et la place dans le paysage" du CSP et reconnaît que pour celui-ci, il y a un "point d'interrogation du fait des polémiques inutiles qui ont été créées".

Jean-Michel Blanquer en a également profité pour mettre en cause le "monde des commentaires sur l'école" au sein duquel "l’honnêteté intellectuelle n'est pas la chose la chose la mieux partagée".

Avant de s'en prendre au journal Le Monde, qui a titré son édition du 1er octobre "Ecole : la guerre idéologique est relancée" :

(Il y a) un grand média du soir, qui n'est d'ailleurs plus tout à fait du soir et je sais pas s'il est encore grand, qui s'est attaché à jouer les pompiers pyromanes dans les titres qui ont été utilisés ces derniers temps.Jean-Michel Blanquer