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Nouveau bac : le grand oral de Jean-Michel Blanquer devant les députés

Le ministre de l'Education nationale a présenté, mardi, les grandes lignes de sa réforme du baccalauréat devant la commission des affaires culturelles et de l'éducation.

Jean-Michel Blanquer veut "en finir avec l'échec dans l'enseignement supérieur". Le ministre de l'Education nationale a précisé mardi devant les députés les grandes lignes du nouveau baccalauréat qui devrait être mis en oeuvre en 2021.

Un grand oral

"Le déverrouillage le plus évident, précise Jean-Michel Blanquer, c'est celui du mois de mai et du mois de juin." Avec le nouveau dispositif, il y aura moins d'épreuves du bac passées lors de cette période.

En effet, les épreuves de français, orales et écrites, auront toujours lieu à la fin de l'année de première. Mais lors de l'année de terminale, les élèves ne passeront que quatre épreuves. "Deux au retour des vacances de printemps" - il s'agira des épreuves de "spécialité", choisies par l'élève -, et deux autres au mois de juin - la traditionnelle épreuve de philosophie et une innovation, le grand oral.

L'organisation de ce grand oral a été précisée par Jean-Michel Blanquer :

Le ministre a reconnu que cette épreuve orale comporte "une sorte de risque" d'aggravation des inégalités, tout en se voulant rassurant : "Nous pensons que précisément, c'est le rôle du système scolaire de compenser ces inégalités en préparant les élèves tout au long des années."

Davantage de contrôle continu

Ces épreuves compteront pour 60% de la note. Les 40% restants correspondront au "contrôle continu" : cela signifie que les notes obtenues tout au long des années de première et de terminale seront prises en compte.

Ce "contrôle continu" correspondra pour 30% à des "contrôles communs", organisés à partir de sujets issus de bases de données nationales et avec des copies anonymisées. Les 10% restant correspondront aux notes du bulletin scolaire.

L'objectif, explique Jean-Michel Blanquer, est d'obliger les étudiants à travailler de façon régulière pendant deux ans : "Le but, très clair, est d'en finir avec le bachotage", précise le ministre de l'Education.

Un socle commun

Autre nouveauté : les séries ES, L et S seront supprimées dans les filières générales, au profit d'un système de parcours. Les lycéens auront des matières communes : français, philosophie, histoire-géographie, enseignement moral et physique, LV1 et LV2, EPS ainsi qu'une discipline nouvelle, "Humanités scientifiques et numériques".

Cette discipline aura pour but de favoriser "une culture scientifique commune", avec un enseignement sur le numérique, les mathématiques mais aussi sur la transition écologique ou la bioéthique :

Cette nouvelle discipline pourrait être enseignée par les professeurs de mathématiques, de sciences et vie de la terre (SVT) ou de physique-chimie.

Des spécialités au choix

Les lycéens devront ensuite choisir parmi dix options comme les Arts, la SVT, les sciences de l'ingénieur... Ils devront en combiner trois en première et deux en terminale.

Seulement, précise Jean-Michel Blanquer, tous les établissements ne pourront pas proposer toutes les combinaisons :

Quand vous couplez toutes les spécialités entre elles, cela fait un nombre de duos trop importants pour pouvoir être offerts dans chaque lycée de France.Jean-Michel Blanquer

L'aménagement au niveau national des spécialités servira, promet Jean-Michel Blanquer, de relancer les lycées les plus défavorisés :

Ce que nous proposons c'est que tout établissement puisse proposer un duo original, et que chaque établissement en zone défavorisé soit en situation d'en proposer encore un, ce qui permettra de créer de l'attractivité.Jean-Michel Blanquer

Moins de bacheliers ? Matières marginalisées ?

Plusieurs députés, notamment de gauche, ont émis des réserves, voire des critiques, sur le projet du gouvernement. Le ministre a tenté de répondre point par point à chacun d'entre eux.

La députée Elsa Faucillon (PCF) s'est notamment demandée si ce nouveau système n'était pas destiné à faire baisser le taux de réussite, pour soulager les universités. Non, assure le ministre qui en veut pour preuve le maintien des épreuves de rattrapage. De même, il a démenti toute velléité de démantèlement des sciences économiques et sociales.

Regardez ce montage résumant ces échanges :