twitter facebook chevron-right

Monique Iborra (LREM) demande le maintien des contrats aidés dans les EHPAD

La députée de La République en marche espère que le gouvernement conservera les contrats prévus en 2017 pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées, un secteur qui souffre d'un manque d'effectifs. L'opposition assure toutefois que des suppressions de postes ont déjà eu lieu et pointe les réductions budgétaires imposées aux départements.

La députée La République en marche Monique Iborra a présenté mercredi les premières conclusions de sa mission "flash" sur les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Celle-ci avait notamment pour objectif "d'appréhender globalement les défis" d'un secteur "en souffrance".

"Maltraitance institutionnelle"

Devant les membres de la commission des affaires sociales, l'élue de Haute-Garonne a mis en avant les mauvaises conditions de travail des aides-soignantes, dans des établissements en sous-effectif :

L'organisation du travail est en tension et peut être la source de dégradations importantes des conditions d'exercice des métiers de soignants. Dans certains EHPAD, on parle de 'maltraitance institutionnelle'.Monique Iborra

Pour pallier ce problème, Monique Iborra propose de conserver les contrats aidés dans les EHPAD. Ces contrats sont pourtant remis en cause par sa majorité : durant l'été, la ministre du Travail Muriel Pénicaud les a qualifiés de "coûteux" et "peu efficaces". Le gouvernement a d'ailleurs décidé d'en réduire drastiquement le nombre en 2017 et 2018, entraînant de vives critiques de l'opposition.

"Gros plans sociaux"

Dans de telles conditions, Monique Iborra propose d'écrire une lettre à Muriel Pénicaud "pour attirer son attention sur le sujet" et permettre que l'aide et le soin aux personnes âgées soient considérés comme une priorité pour l'allocation des contrats aidés restants au titre de l'année 2017. "Sans préjuger de ce que deviendront ces contrats dans les mois ou dans les années qui viennent", précise la députée, qui semble ne pas vouloir froisser l'exécutif.

Une prise de position qui n'a pas convaincu le député socialiste des Landes, Boris Vallaud :

La réalité c'est qu'il y a déjà beaucoup de postes qui n'ont pas été renouvelé dans les EHPAD, ce qui aggrave la situation que vous décrivez.Boris Vallaud

L'élu prend l'exemple de son département d'élection : "Dans les Landes, 1200 emplois aidés doivent être renouvelés d'ici à la fin de l'année. Il y a 36 postes disponibles, nous allons avoir à gérer, y compris dans les EHPAD, de gros plans sociaux." Boris Vallaud ajoute que, selon lui, les 20 milliards d'économies prévus pour le budget 2018 seront "faits dans les budgets des collectivités locales ou dans les transferts sociaux".

Recentrer les départements sur l'action sociale

Le député Les Républicains Jean-Carles Grelier a également mis en cause les orientations économiques du gouvernement : "On connaît les uns les autres les difficultés qui pèsent sur les finances départementales et la difficulté pour les départements à aller plus loin encore dans la prise en charge des personnes âgées et de la dépendance."

Une allusion aux 13 milliards d'économies demandés par le gouvernement aux collectivités locales sur l'ensemble du quinquennat. Cette mise en cause est reprise à son compte par le communiste Pierre Dharréville, qui évoque des "mesures d'austérité" qui vont affaiblir "la capacité des départements à continuer à financer" les EHPAD.

Même si Monique Iborra a reconnu les "problèmes financiers des départements", la députée de Haute-Garonne leur a toutefois conseillé de réorienter leurs financements sur leur fonction de "chef de file l'action sociale" même si cela se fait au détriment du "développement économique". "Peut-être faudrait-il recentrer l'action des uns et des autres", a expliqué la député, précisant que "les collectivités locales, comme l'Etat, doivent aussi participer aux efforts d'économies".