twitter facebook chevron-right

Lutte contre l'évasion fiscale en Europe : "On pourrait aboutir en deux ans", estime Émilie Cariou (LREM)

Pour la vice-présidente de la commission des finances, la France est "l'État le plus volontaire" pour réformer les règles européennes sur la fiscalité. Persuadée que les textes actuels suffisent, elle assure qu'une harmonisation européenne est possible "si les autres États nous rejoignent".


À quand la fin des paradis fiscaux et un véritable encadrement des pratiques d'optimisation fiscale ? La question revient depuis les révélations d'un consortium de journalistes sur les "Paradise Papers", qui dévoilent comment des cabinets d'avocats aident grands groupes et grandes fortunes à réduire au maximum leur imposition.

Pour la députée Émilie Cariou, la situation pourrait pourtant très vite évoluer. La vice-présidente de la commission des finances estime qu'un long travail a déjà été mené au niveau de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis 2012 et qu'il sera bientôt opérationnel :

On a un texte qui est en cours pour incriminer beaucoup plus les pratiques de ces cabinets-là, afin de rendre public les montages qu'ils proposent à leurs clients.Émilie Cariou, députée LREM de la Meuse

Seul frein à la réforme : mettre d'accord les pays européens, qui "ne partagent pas tous les mêmes intérêts". "C'est là qu'il faut qu'on arrive à avancer le plus vite. Très honnêtement, les textes, on les a. Si les autres États nous rejoignent, on pourrait très bien aboutir en deux ans", explique-t-elle.

Pas d'"enfer fiscal"

La députée de la majorité rappelle que plusieurs mesures ont été prises récemment par l'Assemblée, comme le durcissement des peines contre les fraudeurs :

Émilie Cariou réfute enfin l'argument selon lequel la France serait un "enfer fiscal" qui ferait fuir les investisseurs et les plus riches. Les territoires qui accueillent les évadés fiscaux n'ont d'ailleurs pas toutes les infrastructures que financent "les vrais états", ajoute-t-elle : "Les paradis fiscaux sont des micro-états, qui n'ont pas des hôpitaux, des routes, des écoles à construire comme les états européens."