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Loi Travail : "Nous n'avons jamais été consultés sur l'ensemble du texte", déplorent les syndicats

​Après la ministre du Travail mardi soir, les syndicats ont été auditionnés, mercredi à l’Assemblée nationale. Myriam El Khomri assurait avoir consulté tous les syndicats. Faux, répondent-ils en cœur.


La Commission des affaires sociales a reçu, mercredi matin, les représentants syndicaux pour évoquer la loi Travail portée par la ministre Myriam El Khomri. Tous ont regretté le manque de concertation syndicale avant la publication du texte, à l'instar de Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT :

Il y a eu une concertation insuffisante avant la sortie de la version 1. [?] On a vu apparaître dans la version 1 un certain nombre de points dont nous n'avions jamais entendu parler, sur lesquels nous n'avons jamais été consultés. Véronique Descacq, CFDT

Un texte découvert par voie de presse

Même son de cloche, sur ce point, du côté de Force ouvrière. Son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a expliqué devant la Commission avoir découvert le texte dans la presse :

Nous n'avons jamais eu en main un texte complet. C'est-à-dire que nous n'avons jamais été consultés sur l'ensemble du projet du texte. Nous l'avons reçu en même temps que les médias. [...] Ce texte introduit une rupture dans l'histoire des relations sociales. Jean-Claude Mailly, FO

Ce à quoi, la CGT ajoute, qu'ils avaient bien reçu une convocation pour en parler... mais une semaine après la publication de la première version du texte. Ce qui "est un peu paradoxal", ironise Fabrice Angei, membre de la direction
confédérale de la CGT.

Un dialogue social mis en place début mars

Enfin, la CFTC raconte avoir participé à des discussions en décembre dernier. Mais depuis, silence radio. Le dialogue a repris avec la publication du texte et le report de 15 jours pour la présentation du projet de loi de Myriam El Khomri :

Nous avons été associés à des discussions l'année dernière sur un certain nombre de points. [...] Nous n'avons pas été associés au projet de loi, fin février. Ce n'est qu'à partir de mars, quand il y a eu ce rapport de 15 jours, que nous avons pu répondre aux différentes questions et différents problèmes que pose ce texte. Bernard Sagez, CFTC

Après les représentants des syndicats, ce sont les députés qui ont pris la parole. Et la représentante du groupe Socialiste, républicain et citoyen de l'Assemblée nationale, Monique Iborra, a elle aussi déploré le manque de concertation en amont, avant d'ajouter que "le débat est légitime parmi les partenaires sociaux sans doute. Mais également parmi les citoyens".


Le projet de loi sera débattu en séance publique à partir du 3 mai à l'Assemblée nationale, après son examen en commission. En attendant, une forte mobilisation est attendue, jeudi, dans les rues de France.


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Par Elodie Hervé