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Loi Macron : quand les lobbies s’invitent à l’Assemblée…

Un député écologiste a été réprimandé par François Brottes, le président de la commission spéciale, pour avoir précisé l’origine d’un de ses amendements.

C’est une scène que l’on voit rarement à l’Assemblée nationale.
Jean-Louis Roumégas, le député écologiste de l’Hérault, défend mardi un amendement devant la commission spéciale chargée d’examiner la loi Macron.
Dans un souci de "transparence", il explique que son amendement lui a été soufflé par "des associations de consommateurs".

Une assertion qui n’est pas du goût de François Brottes (PS), le président de la commission qui recadre amicalement le député en ironisant : "On n’est pas obligé de donner l’origine des amendements, les députés peuvent parfois penser par eux-mêmes avec leur groupe, pour élaborer eux-mêmes des amendements, même si c’est fait en concertation avec tel ou tel acteur de la vie publique (…) Ça donne quand même le sentiment que le travail parlementaire n’est fait que par le biais d’une boîte aux lettres."

"On retrouve les mêmes amendements dans des groupes différents..."

Une critique qui n’a pas fait taire le député écologiste. Bien au contraire : "A la différence d’autres députés, moi, je le précise quand je prends des amendements qui m’ont été soumis par des associations ou des lobbies... Trop souvent on retrouve les mêmes amendements dans des groupes différents et les gens font comme si c’était une pure coïncidence. Je trouve que ça ce n’est pas normal non plus. Voilà, merci."
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MISE A JOUR : Mercredi, alors que les députés débattaient de l'article 12 sur les professions réglementées, le rapporteur général du projet de loi, le député PS Richard Ferrand, a lui aussi évoqué le travail des lobbies. "Certaines professions ont atteint un haut niveau dans l’art de la communication et parviennent à faire valoir des arguments que l’on entend à l’envie, qui sont diffusés sous forme de kit pour les plus oublieux d’entre nous…", a critiqué le député du Finistère.

Après les travaux de la commission spéciale, la loi Macron sera débattue dans l’Hémicycle à partir du 26 janvier.
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Maxence Kagni