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"Les véhicules autonomes ? On y est et ça va être massif !", assure Carlos Ghosn

Auditionné mercredi à l'Assemblée nationale, le PDG de Renault et président de Nissan s'est livré à un plaidoyer pour la voiture électrique. Il assure aussi que dans les années à venir, la plupart des voitures proposeront un certain niveau d'autonomie en raison de la demande croissante des consommateurs.

Auditionné mercredi matin par les commissions des affaires économiques et des finances de l'Assemblée nationale, le PDG de Renault Carlos Ghosn a revendiqué la place de premier constructeur automobile en 2017 pour l'alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi :

L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, avec plus de 10,6 millions de véhicules particuliers et utilitaires légers vendus en 2017, est le premier groupe automobile mondial.Carlos Ghosn

Le PDG a précisé que Volkswagen, qui assure avoir vendu "10,74 millions de voitures", a toutefois compté dans ce chiffre 200.000 poids lourds : "En général les poids lourds ne rentrent pas dans nos statistiques", a ajouté Carlos Ghosn, selon qui "il n'y a plus de discussions possibles" sur le leadership de son groupe.

Plaidoyer pour la voiture électrique

Carlos Ghosn a également évoqué les "mutations profondes" du secteur automobile, estimant que les voitures deviendront, dans un futur proche, des "espaces de vie mobiles, connectés, autonomes, électriques". Une tendance qui devrait se développer dans les prochaines années, selon lui :

D'ici à 2035, 25% des véhicules neufs vendus seront autonomes.Carlos Ghosn

"A l'horizon 2022, notre gamme sera pour moitié composée de véhicules électrifiés", a assuré Carlos Ghosn. À la même échéance, selon lui, l'offre de véhicules diesel sera diminuée de moitié et 15 véhicules autonomes seront lancés par le groupe Renault-Nissan. "Les véhicules autonomes et semi-autonomes ? On y est et ça va être massif !", lance le pdg. "Je prévois que dans 4 ou 5 ans, il y a très peu de voitures qui n'auront pas un niveau d'autonomie déterminé. Pourquoi ? Parce que les clients les veulent ! Nous avons fait des tests avec des options payantes, et les clients achètent..."

Le PDG a longuement plaidé pour le développement des véhicules électriques, affirmant que 550.000 véhicules électriques de son groupe "circulent dans le monde aujourd'hui" :

Le pari est gagné, la question est de savoir quels sont les pays qui vont avancer plus vite que d'autres.Carlos Ghosn

Cobalt : Renault rencontrera Amnesty international

Carlos Ghosn a par ailleurs dû répondre aux accusations portées par Amnesty international contre Renault. Selon l'ONG, le constructeur automobile ne "démontre pas qu'il prend les mesures appropriées pour garantir que ses produits ne comportent pas du cobalt extrait par des enfants et des adultes dans des conditions de travail dangereuses", notamment en République démocratique du Congo.

"Nous n'achetons pas de cobalt ! ", a affirmé Carlos Ghosn qui rejette la responsabilité sur un sous-traitant, le fabriquant coréen de batteries LG Chem. Le PDG de Renault affirme "travailler" avec l'entreprise coréenne sur cette question. Il a également expliqué que des responsables de son groupe allaient rencontrer prochainement Amnesty international.

Brexit : Renault "dans l'attente"

Le PDG de Renault a également commenté la position de son groupe vis-à-vis du Brexit :

Nous ne savons pas comment cela va se passer pour nous...Carlos Ghosn

Selon Carlos Ghosn, "80 ou 90% de la production" des usines de Renault en Angleterre est destinée à l'Europe. Incapable de prévoir les conséquences économiques concrètes du Brexit, le groupe automobile est "dans l'attente" : "Il n'y a aucune entreprise qui se livre à une expansion en Grande-Bretagne (...) La chose dont nous avons horreur, c'est l'incertitude."

"Pas inquiet pour les sites français"

Carlos Ghosn a aussi évoqué la "pérennisation des sites en France", assurant qu'il n'était "pas inquiet" à ce propos, rappelant que ceux-ci sont à 90% de leurs capacités.

Le PDG de Renault a également défendu le maintien du crédit d'impôt recherche, qui "permet à la France de rester dans la course". 75% des dépenses en ingénierie du groupe ont lieu en France.

Ruffin offensif

A l'issue de son audition, Carlos Ghosn a été applaudi par une partie des députés présents, dont le président de la commission des affaires économiques Roland Lescure. L'élu La République en Marche a "félicité pour ses résultats" le PDG de Renault avant de lui "souhaiter réellement une bonne année 2018", mettant fin à une séance plutôt consensuelle de près de trois heures, dont l'une des rares interventions véritablement critiques aura été celle du député de La France insoumise François Ruffin.