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Les salariés pourront (bientôt) donner des jours de congés pour aider les aidants

L'Assemblée a voté à l'unanimité le don de congés à ceux qui s'occupent d'un proche en situation de dépendance ou de handicap. L'occasion de plusieurs passe d'armes entre les groupes La France insoumise et UDI, Agir et Indépendants. Prochaine étape : l'examen du texte par le Sénat.

Après des débats plutôt consensuels en commission, les députés ont confirmé, en première lecture jeudi, l'adoption du texte de leur collègue Paul Christophe (Udi, Agir et Indépendants). Cette proposition de loi élargit le dispositif de dons de jours de repos non pris aux personnes aidant des proches en situation de dépendance.

Tous les groupes ont voté pour, sauf les communistes et La France insoumise, qui se sont abstenus.


Une loi de 2014 permet déjà à un salarié de donner anonymement des jours de congés à un collègue dont l'enfant est gravement malade. Seule limite : le don ne peut concerner que les jours de repos au-delà de vingt-quatre jours.

Passe d'armes entre l'UDI et LFI

Les groupes communistes et La France insoumise auraient préféré une amélioration des dispositifs existants (congé de proche aidants, congé de solidarité familiale) plutôt que de s'en remettre à un dispositif "individuel et aléatoire" qui repose sur les salariés.

Jean-Hugues Ratenon (LFI) voit ainsi, dans l'instauration du don, un moyen pour l'employeur de se "défausser" sur la solidarité entre salariés. Un argument qui a provoqué la colère de Charles de Courson (UDI) qui juge honteux plusieurs amendements de son collègue : "Vous êtes contre la dialogue social, vous êtes contre les syndicats !", s'est même emporté le député centriste (voir vidéo en une).

Le rapporteur Paul Christophe a toutefois reconnu le caractère limité de son texte. "Une première pierre", qui pourrait être complétée dans les prochains mois grâce à la mise en place d'une mission par la commission des Affaires sociales sur les aidants, présidée par le communiste Pierre Dharréville.

Le handicap pris en compte

Un amendement de La République en marche, défendu par Thomas Mesnier, a été adopté. Il précise que le don de jours pourra également se faire en faveur des personnes qui aident un proche en situation de handicap.

Si la loi est adoptée dans les mêmes termes par le Sénat, elle pourra être rapidement promulguée. Autrement, il lui faudra passer l'étape de la commission mixte paritaire entre les deux chambres, voire une deuxième lecture en cas de désaccord, ce qui pourrait retarder d'autant son application.


>>> Reportage dans le quotidien d'un aidant familial