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Une assemblée plus jeune, plus féminisée et renouvelée comme jamais

Les Français ont fait le choix du renouvellement. L'Assemblée nationale issue de ces élections législatives s’en trouve rajeunie, avec une moyenne d’âge inférieure à 50 ans, et largement féminisée avec 38,6% de députées dans l’hémicycle, contre 26,9% en 2012. Enfin, trois-quarts des sièges ont été renouvelés, du jamais vu même en 1958, lors de la création de la Ve République.

Énormément de nouveaux venus

S'il ne fallait ne retenir qu'un chiffre sur la nouvelle Assemblée nationale, ce serait sans doute celui-là : sur 577 sièges, 432 ont été pourvus par des députés qui ne siégeaient pas dans la précédente législature. Soit un taux de renouvellement de 74,9%. Pour retrouver un tel changement, il faut remonter à la création de la Ve République. En 1958, lors de la Ire législature, 310 députés avaient été nouvellement élus.

Ce renouvellement est largement provoqué par les candidats élus de la République en marche, qui pour la majorité n'avait jamais été député. Un constat à relativiser en partie puisque environ la moitié des candidats REM avaient une expérience en politique, comme élu local ou collaborateur ministériel et/ou parlementaire.

Une assemblée plus jeune et féminisée

Autre conséquence de l'entrée en force de députés néophytes, la nouvelle Assemblée rajeunit de six ans par rapport à 2012. Avec une moyenne d'âge de 48 ans, elle n'est pas si éloignée de celle des Français en 2017, estimée par l'Insee à un peu plus de 41 ans.

De même, les femmes font leur entrée en force dans l'hémicycle, puisqu'elle "gagne" 68 sièges de plus qu'en 2012.

En tout, la proportion de députées grimpe à 38,6%, un nouveau record qui leur permet de se rapprocher un peu plus de la parité. C'est un ratio deux fois plus élevés qu'en 2007.

Une sociologie toujours très CSP +

D'autres chiffres montrent cependant que l'Assemblée nationale est loin d'être le décalque de la société française. La sociologie des 577 députés se résume principalement aux classes sociales aisées, puisque 59% d'entre eux sont cadres ou issus des professions intellectuelles supérieures. Un chiffre qui n'est que de 18% parmi les personnes actives en 2012. Quant aux ouvriers et employés, qui représentent presque un actif sur deux, ils seront quasiment absents de cette XVe législature.

Comme le décrypte une note électorale du Cevipof, les députés REM sont porteurs d'un renouvellement limité. Cette nouvelle classe politique étant en réalité "caractérisée par son appartenance majoritaire à une bourgeoisie moderniste, diplômée, libérale sur le plan culturel comme sur le plan économique", note ainsi le chercheur Luc Rouban.

Sujet vidéo par Géraldine Bavoillot