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Le président de RTE écarte le risque d'une panne générale d'électricité cet hiver

Faut-il craindre un black-out en cas de forte chute des températures ? Auditionné mercredi à l'Assemblée, François Brottes a formellement exclu cette perspective. Morceaux choisis.

"Nous sommes la seule entreprise en France dont tout le monde a besoin 24 h sur 24, sur l'ensemble du territoire !" François Brottes résume avec une pointe de fierté la mission de "service public" de RTE (Réseau de Transport d'Électricité), une filiale d'EDF dont il a pris la présidence en 2015 après avoir quitté son mandat de député (PS).

Auditionné mercredi par la commission des affaires économiques, il a rassuré ses anciens collègues : non, la France ne risque pas le "black-out" (panne générale) sur son réseau électrique cet hiver. Une inquiétude récurrente, nourrie par les déclarations alarmistes du comité centrale d'entreprise d'EDF, qui pointe encore cette année des "risques" de coupures électriques.

Pour François Brottes, cette perspective est d'autant plus éloignée que l'année dernière, alors que le niveau d'alerte était plus important et que sept réacteurs nucléaires étaient à l'arrêt, "aucun des dispositifs d'urgence" n'avait été déclenché. RTE a en effet conclu des accords avec les principaux sites industriels français pour les "débrancher" en cas de pic de consommation. L'opérateur réseau peut également jouer sur une baisse de la tension électrique pour augmenter sa puissance.

C'est seulement en dernier recours que des "délestages" seront opérés :

Si vraiment ça passe pas, on a la possibilité de faire le délestage : [couper l'électricité de] 20% des habitants par quartier et par commune.François Brottes, président du directoire de RTE

Et François Brottes d'enfoncer le clou : "Quand j'entends parler de black-out, en fait, je touche du bois, mais ce n'est pas une perspective qui peut arriver."

Une France sans nucléaire ?

Le président de RTE a aussi présenté les grandes lignes des cinq scénarios dressés par RTE sur la transition énergétique en France à l'horizon 2035.

L'un d'entre eux, le scénario "Watt", étudie la possibilité d'une fermeture systématique des centrales nucléaires après 40 ans d'existence, ce qui conduirait la France à une sortie rapide de l'atome (hors EPR). Un scénario possible dans l'hypothèse où l'autorité de sûreté nucléaire ne donnerait pas son feu vert à l'allongement de la durée de vie du parc français.

Dans ces conditions, selon RTE, il faudrait accélérer la baisse de la consommation électrique - à peine amorcée depuis l'année dernière -, mais aussi doper les énergies renouvelables et, de façon "incontournable", faire appel à de nouvelles centrales thermiques.

"150 à 200 contentieux"

Enfin, le patron de RTE a beaucoup insisté sur la lourdeur des procédures qui freinent le développement du réseau électrique en France. Son entreprise gérerait ainsi "150 à 200 contentieux juridiques" en temps réel, liés notamment au raccordement des nouveaux sites de production.

Par exemple, le premier raccordement d'un site éolien "offshore" (en pleine mer) n'interviendra pas "avant 2020, si tout va bien", alors que l'appel d'offres avait été émis près de dix ans plus tôt, en 2011. De même, François Brottes met en garde les députés contre un excès de régulation : si l'on passe la distance minimale entre une éolienne et une habitation de 500 à 1000 m, "alors on ne pourra plus en installer de nouvelles".