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Le plan d’urgence sociale de "La Fabrique" du PS

Face à la montée du FN, les députées socialistes Karine Berger et Valérie Rabault défendent trois mesures fiscales concrètes en direction des classes moyennes.

Elles étaient les animatrices de « La fabrique », la petite motion qui monte lors du dernier congrès du PS. Après avoir réuni environ 10% des suffrages des militants socialistes au mois de mai, les députées Karine Berger et Valérie Rabault tentent de faire entendre leur petite musique au sein du parti : ni frondeuses, ni godillots. Face à la montée du FN et de l’abstention, elles ont présenté ce matin à l’Assemblée nationale un plan d’action pour l’urgence sociale. « L’urgence sociale, cela veut dire que l’on veut regarder le reste-à-vivre des gens, une fois qu’ils ont payé leur taxe d’habitation, leur redevance télévisuelle, leur impôt sur le revenu… toutes les taxes qu’ils peuvent avoir à payer », explique Valérie Rabault. « On veut que ce concept de reste-à-vivre dans le porte-monnaie des gens soit porté. »

Pour éviter que la hausse de certaines taxes ne frappe de plein fouet des ménages modestes, les deux députées proposent deux mesures simples. La première consisterait à empêcher certaines taxes d’augmenter plus vite que le SMIC, en particulier la taxe d’habitation, avec à la clé un manque à gagner d’environ 80 millions d’euros pour les finances des collectivités locales. Un déficit que l’Etat devrait alors compenser. La seconde mesure viserait ensuite à muscler le crédit d’impôt pour la transition énergétique, en lui ajoutant une dimension sociale. Les animatrices de « La fabrique » ont calculé que l’ensemble des taxes énergétiques payées par un couple avec deux enfants a augmenté en moyenne de 200 euros en quatre ans. Leur idée est donc de redistribuer un milliard d’euros aux ménages modestes handicapés par ces taxes sur l’énergie.

Les deux députées plaident enfin pour une revalorisation des prestations sociales qui ont été gelées ces dernières années, à hauteur de 600 millions d’euros. De quoi redistribuer du pouvoir d’achat à des classes populaires de plus en plus perméables au vote FN. « Il y a des gens qui ne peuvent plus boucler leurs fins de mois. Il est indispensable de faire un focus sur eux et de lancer une action extrêmement forte en leur direction », fait valoir Valérie Rabault.

Ces trois mesures pourraient prendre la forme d’un collectif budgétaire en 2016. C’est en tout cas la proposition que Karine Berger et Valérie Rabault ont défendu au Bureau national du PS au lendemain des élections régionales. Sans réponse de la direction du parti. « La fabrique » devrait donc déposer une motion en ce sens au prochain conseil national du parti, à la fin du mois de janvier.

Jean-Baptiste Daoulas