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Macron veut prolonger l'état d'urgence et une nouvelle loi sécurité

À l'issue du conseil des ministres, Édouard Philippe a annoncé que l'exécutif souhaitait prolonger (une sixième fois) l'état d'urgence, jusqu'au 1er novembre. Un nouveau projet de loi est également en préparation pour renforcer la sécurité des "grands événements sportifs et culturels". Enfin, le centre de coordination de la lutte anti-terroriste promis par le président Macron pendant sa campagne sera créé d'ici au 7 juin. Un sujet de Stéphanie Dépierre.


LCP.fr récapitule le détail des annonces gouvernementales du 24 mai :

1) L'état d'urgence jusqu'au 1er novembre ?

Initialement prévu pour durer jusqu'au 15 juillet par le précédent exécutif, l'état d'urgence devrait être finalement prolongé jusqu'au 1er novembre. Pour voter ce renouvellement dans les temps, le nouveau parlement sera saisi de cette question dans la foulée de son élection, d'ici à la fin juin.

Instauré après les attentats du 13 novembre 2015, l'état d'urgence réduit certaines libertés publiques et donnent des moyens spéciaux aux forces de l'ordre (assignation à résidence, perquisition diurne et nocturne, interdiction de manifestation...).

2) Une nouvelle loi sécurité cet été

Pour justifier cette sixième prorogation, le Premier ministre a annoncé qu'un texte de loi viendrait compléter l'arsenal sécuritaire existant :

Le président de la République a demandé au gouvernement de proposer des mesures de renforcement de la sécurité face à la menace terroriste hors état d'urgence afin qu'un texte législatif soit préparé dans les prochaines semaines.Édouard Philippe, le 24 mai à l'Élysée

Ces nouvelles mesures concerneront notamment l'encadrement des "grandes manifestations sportives et culturelles". Un plan qui fait directement écho à l'attentat kamikaze de Manchester, où 22 personnes, dont des enfants, ont trouvé la mort.

Interrogé sur le but précis d'une "énième loi sécuritaire", le porte-parole du gouvernement a assuré que la volonté du gouvernement n'était pas de faire de l'affichage :

Il ne s'agit pas de réagir à chaque événement en faisant une loi.Christophe Castaner, le 24 mai à l'Élysée

Christophe Castaner a par ailleurs mis en avant un problème de calendrier parlementaire, car la nouvelle législature ne prenant ses fonctions que le 29 juin, il aurait été difficile selon lui de faire passer un texte sur ces sujets avant le 15 juillet. "Il n'est pas question de prendre le moindre risque pour la sécurité des Français", a justifié le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement.

3) Une "task force" élyséenne

C'est une mesure promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne : une "task force" antiterroriste rattachée à l'Élysée sera bien mise en place. Son organisation sera définie par le Conseil de défense et de sécurité d'ici au 7 juin. Ce centre de coordination comprendra "50 à 60 personnes", "disponibles 24 heures sur 24", avec comme objectif que "des décisions puissent être prises dans la demi-heure", a indiqué le porte-parole du gouvernement.

Jusqu'à présent, le Conseil national du renseignement était déjà rattaché à l'Elysée, mais son coordonnateur "n'a pas la puissance qu'aura demain le responsable de la task force", a précisé Christophe Castaner.

Enfin, dans les semaines qui viennent, Emmanuel Macron va devoir procéder à la nomination des patrons des trois principaux services de renseignement. Atteint par la limite d'âge, Bernard Bajolet a quitté en début de semaine son poste de directeur général de la DGSE (renseignement extérieur). Patrick Calvar, (DGSI, contre-espionnage) partira à la fin du mois pour une nouvelle carrière dans le privé, alors que Christophe Gomart, patron du renseignement militaire (DRM), vient de rejoindre la société Unibail-Rodamco comme directeur groupe de la sûreté et de l'ingénierie immobilière.