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À l'Assemblée, les syndicats patronaux disent leur crainte sur la Loi Travail

Mandatement syndical, "distorsion de concurrence", place des PME/TPE... Les représentants du Medef, de l'UPA et de la CGPME ont livré leur sentiment sur la réforme du droit du travail.


Après Myriam El Khomri mardi, après les syndicats de salariés mercredi matin, les syndicats patronaux ont été auditionné mercredi après-midi par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale à propos de la très contestée loi Travail.

"Tout nouveau recul serait vu comme une grave erreur"

L'occasion pour le représentant du Medef Alexandre Saubot, de critiquer la réécriture du projet de loi par le gouvernement : "L'ambition a été fortement réduite et tout nouveau recul (...) serait vu comme une grave erreur." "C'est vrai que dans la version 1 il y avait des dispositions qui concernaient directement les TPE/PME et l'UPA regrette très clairement le retrait de ces dispositions", a abondé Pierre Burban, le secrétaire général de l'Union professionnelle artisanale.

Ce dernier a critiqué la philosophie du texte, qui, selon lui, donne trop de place aux "accords d'entreprise" : "Cela ne marchera pas", affirme Pierre Burban qui préfère instaurer des "souplesses" par le biais des accords de branche.

Mandatement syndical : "Des entreprises pas outillées"

Sur le mandatement syndical, le représentant de l'UPA a également montré son scepticisme : "Il y a des entreprises qui n'ont pas envie de faire ça et qui ne sont pas outillées en interne..." Alexandre Saubot a pour sa part évoqué l'hypothèse d'une négociation au sein de l'entreprise avec des salariés "élus" : "Syndiqués c'est bien, pas syndiqués, c'est pas grave..."

Jean-Michel Pottier, le vice-président de la CGPME, a jugé insuffisant l'un des critères de la loi permettant les licenciements économiques (4 trimestres de baisses du chiffre d'affaires) : "Quand une TPE ou une PME (remplit ces conditions), le licenciement, il est fait généralement à la barre du tribunal de commerce", a-t-il expliqué, avant d'évoquer une nouvelle mouture du texte qui crée "un sentiment d'exaspération".

"Risque de distorsion de concurrence"

Le représentant de la CGPME a également mis en garde contre les risques de "distorsion de concurrence" entre les grandes entreprises, "qui pourront négocier car elles ont des contreparties à donner", et les TPE et PME, qui ne pourront pas minorer leur coût du travail par le biais d'accords d'entreprise.