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La France, mauvaise élève des énergies renouvelables selon le commissaire européen au climat

Devant les députés, Miguel Arias Cañete a rappelé que onze pays européens tiennent déjà leurs objectifs en matière d'énergies renouvelables. Ce qui n'est pas le cas de la France, qui fait moins bien que la Roumanie.

Si la France n'a pas de pétrole, elle ne mise pas pour autant sur les énergies renouvelables. C'est ce que rappelle jeudi le commissaire européen chargé de l'action pour le climat, auditionné par l'Assemblée nationale. L'Espagnol Miguel Arias Cañete, qui fait actuellement la tournée des capitales européennes pour mettre en oeuvre la stratégie climat de Bruxelles, souligne à quel point notre pays est à la traîne :

La taux d’implantation des énergies renouvelables est inférieur à la trajectoire indicative pour 2017, ce qui remet en cause l'objectif de 23% pour 2020.Miguel Arias Cañete, auditionné à l'Assemblée nationale le 14 février 2019

Après les Pays-Bas, c'est en France que l'écart est le plus grand par rapport à ses objectifs, avec seulement 16% de renouvelables en 2016. Et ce, alors que onze pays dont l'Italie, la Finlande ou la Roumanie ont d'ores et déjà atteint leurs objectifs, les mettant en bonne place pour produire 32% d'énergies renouvelables d'ici à 2030, prochain palier de la transition énergétique.

"Il n'y a pas d'objectifs faciles, et on peut comprendre qu'un petit pays comme la Roumanie éprouve plus de difficultés, mais la Roumanie est là...", insiste Miguel Arias Cañete, qui appelle le gouvernement français "à prendre les mesures nécessaires" pour faire respecter les textes européens.

Lot de consolation, la France devrait tenir dans deux ans ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, même si celles-ci sont reparties à la hausse depuis 2015.

Dans la programmation pluriannuelle de l’énergie publiée en janvier, le gouvernement souhaite multiplier par 2,5 la puissance installée des éoliennes terrestres et quintupler celle de l’énergie solaire. Un projet de loi sur l'énergie doit être débattu dans l'année et sera, à coup sûr, l'occasion d'ausculter les ambitions réelles de la majorité, alors que les arbitrages continuent en coulisses.