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Internet : face aux modèles "californien" et "chinois", Emmanuel Macron prône la "régulation"

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait lundi depuis le siège de l'Unesco, a critiqué la volonté "d'autogestion" des acteurs californiens de l'internet. Il a également annoncé la mise en oeuvre au 1er semestre 2019 d'une expérimentation avec Facebook pour lutter contre la propagation de contenus haineux.

"A mes yeux, aujourd'hui, internet est une évidence menacée." Emmanuel Macron a présenté lundi au siège de l'Unesco sa doctrine en matière de régulation du web, à l'occasion du lancement de l'"appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace".

"Universalisme des valeurs"

Offensif, le chef de l'Etat a affirmé qu'en l'état actuel, "internet est beaucoup mieux utilisé par les extrêmes, les discours de haine ou par la propagation des contenus terroristes".

Au nom de la liberté, on a laissé avancer à visage découvert tant d'ennemis de la liberté. Emmanuel Macron

"Je crois profondément qu'il faut réguler", a ajouté Emmanuel Macron, dénonçant l'"erreur" qui consiste "au nom de la neutralité (à) céder à une forme d'indifférenciation des contenus". Selon lui, la réticence vis-à-vis de la régulation d'internet entraîne un "renoncement à l'universalisme des valeurs que nous portons".

Refus de l'autogestion

Le chef de l'Etat a critiqué les "deux types d'internet qui émergent", l'internet "chinois", contrôlé par l'Etat, et l'internet "californien". Si Emmanuel Macron ne souhaite pas appliquer le modèle chinois, il refuse également de céder aux méthodes d'"autogestion" prônées par les acteurs californiens, "des acteurs forts, dominants (au niveau mondial), qui ne sont pas démocratiquement élus".

Qui mieux que des gouvernements démocratiquement élus peut dire ce que serait le droit ? Emmanuel Macron

Le président de la République "prône un nouveau multilatéralisme" et évoque la possibilité de remettre en cause dans certains cas l'anonymat sur internet, qui "ne doit pas permettre à des criminels ou des terroristes d'échapper aux poursuites".

Emmanuel Macron a également adressé un message clair aux plateformes en ligne, qui ne doivent pas "s'exonérer de toute responsabilité". Le chef de l'Etat envisage la création d'un statut intermédiaire "d'accélérateur de contenus" afin de "sortir du système binaire des statuts d'éditeur et d'hébergeur".

Accord avec Facebook

Le chef de l'Etat a d'ailleurs annoncé la mise en oeuvre d'une "expérimentation de terrain inédite durant le 1er semestre 2019" avec Facebook, afin de lutter contre les contenus haineux et offensants en ligne.

Une délégation de "régulateurs français" devrait se rendre dans les locaux de l'entreprise américaine. Ils "auront pour mission, avec les experts de la plateforme, d'élaborer des propositions conjointes, précises et concrètes".

Lutte contre les "fake news"

Emmanuel Macron a par ailleurs réaffirmé la nécessité, selon lui, de lutter contre la propagation des fausses nouvelles :

Ceux qui ne se battent pas pour l'intégrité des campagnes électorales dans les démocraties aident les régimes autoritaires. Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat a dénoncé un "totalitarisme contemporain qui renaît" et qui utilise "notre relativisme" : "Nous sommes en train de mettre un genoux à terre sur l'universalisme de nos valeurs."