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Immigration : le projet Collomb inquiète les ONG

Le ministère de l’Intérieur a demandé la semaine dernière, dans une circulaire, l’intervention, dans les centres d'hébergements d'urgence, d’agents de préfecture et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). L’objectif : recenser les situations des personnes présentes dans le parc d’hébergement d’urgence. Une situation qui préoccupe les directeurs de centre d’accueil, inquiets de voir débarquer dans leurs centres des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Le reportage de Céline Martel avec Marion Chatelin.

La politique migratoire d'Emmanuel Macron pointe le bout de son nez, et elle suscite déjà beaucoup d'inquiétudes et de crispations. Le JDD a révélé les contours envisagés par l'exécutif sur la future loi "immigration - asile" du gouvernement et le journal Le Monde a publié la circulaire du ministère de l'Intérieur du 12 décembre créant des équipes mobiles chargées du contrôle des situations des résidents du parc d'hébergement d'urgence.

L'objectif martelé par l'exécutif et la majorité : différencier le système des demandeurs d'asile d'une part, et, de l'autre, l'immigration économique de résidents non-menacés et de pays qui ne sont pas en situation de guerre. Des déboutés du droit d'asile que le gouvernement souhaite expulser plus massivement qu'actuellement. Ou, à tout le moins, les empêcher de bénéficier de l'hébergement d'urgence.

"Pas de tournant sécuritaire", assure la présidente de la commission des Lois

Invitée mardi dans Politique matin, la députée Yaël Braun-Pivet a défendu la position du gouvernement: "L'objectif est vraiment très clair. Permettre à ceux qui demandent l'asile en France de voir leurs dossiers étudiés dans de bonnes conditions et accueillis dans de bonnes conditions. Parallèlement, nous ne pouvons pas continuer à permettre à des personnes qui sont sur notre territoire de façon irrégulière, parce que leur demande d'asile a été rejetée, de rester indéfiniment dans une espèce de no man's land juridique. Il faut assurer leur reconduction à la frontière.

"Quand les personnes doivent être reconduites à la frontière, parce que pour elles la procédure est terminée, il faut procéder à ces reconduites par tous les moyens de droit"Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois à l'Assemblée nationale

Pour la présidente de la commission des Lois, "il faut avoir un regard extrêmement attentif mais également extrêmement ferme. Je ne pense pas que ce soit rendre service à ces familles de leur donner des faux espoirs..."