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GPA : la droite met la majorité socialiste en difficulté dans l'hémicycle

Les députés Les Républicains ont profité du manque d'élus socialistes pour imposer dans l'hémicycle un débat plus long que prévu sur les mères porteuses. Au cours des débats, parfois électriques, un député LR a qualifié la majorité parlementaire de "meurtriers".

Coup de chaud dans l'hémicycle jeudi après-midi, à l'occasion de l'examen de deux propositions de lois de la droite. La première, du député Philippe Gosselin, vise à inscrire le principe d'indisponibilité du corps humain dans la Constitution ; la deuxième, proposée par Valérie Boyer, vise à "lutter contre le recours à une mère porteuse".

Le retour du débat sur le mariage pour tous

Si les orateurs rappellent leur opposition à la gestation pour autrui (GPA), certains députés socialistes accusent l'opposition de vouloir réinstaurer un débat sur le mariage pour tous :

"Une nouvelle fois, vous remettez l'ouvrage sur le métier, vous vous cachez derrière un combat éthique, mais une fois encore, vous tentez un coup politique", lance Colette Capdevielle.

Le groupe socialiste dépose donc une première motion de rejet préalable, pour mettre fin au débat.

"Nous allons attendre"

Les députés de droite, plus nombreux dans l'hémicycle, flairent le bon coup : ils veulent voter vite pour repousser la motion de rejet. "Je souhaite que le débat puisse se poursuivre, que les amendement puissent être examinés", plaide alors Philippe Gosselin.

Mais le président de séance, François de Rugy, rappelle le règlement : "Les cinq minutes après avoir annoncé le scrutin ne sont pas encore écoulées, nous allons donc attendre qu'elles le soient... C'est la règle." Une suspension de séance est décidée. Le temps pour les socialistes de battre le rappel de leurs troupes et empêcher la tenue du débat ?

"Vous êtes des meurtriers !"

La suspension de séance n'en fera rien : l'Assemblée repousse finalement la motion socialiste... à quatre voix près. La majorité dépose une autre motion de rejet, sur le texte de Valérie Boyer cette fois. Là encore, François de Rugy demande aux députés d'attendre les cinq minutes réglementaires.

"On doit voter maintenant !", s'exclame Philippe Gosselin, qui redoute que de nouveaux députés socialistes ne viennent voter. C'est alors que le député Les Républicains de l'Aube Nicolas Dhuicq s'énerve, au micro :

Vous brisez le lien indéfectible entre le biologique et le psychique ! Vous êtes des meurtriers ! Nous allons voter contre (votre motion de rejet) !Nicolas Dhuicq

Les députés PS s'emportent, une voix féminine se fait entendre : "Il faut l'enfermer !"

Colette Capdevielle, la députée socialiste des Pyrénées-Atlantiques, demande une suspension de séance. Quelques minutes plus tard, les députés repoussent la motion de rejet socialiste, à neuf voix près.

Ne pouvant que constater l'incapacité de la majorité à repousser aujourd'hui les textes de l'opposition, Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le Parlement, demande la réserve des votes. Les députés discuteront les amendements, mais les votes sont reportés à une date ultérieure...