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Glavany tempère ses propos sur la santé du roi du Maroc

Le 18 janvier à l’Assemblée nationale, le député avait provoqué une vive émotion de l’autre côté de la Méditerranée, et enflammé les réseaux sociaux, en invoquant "la maladie à évolution lente" de Mohammed VI.


Un pas en avant puis? un (petit) pas en arrière.

Lors de la réunion de la Commission des Affaires étrangères, le 25 janvier, Jean Glavany a tenu à faire une mise au point publique : non, il n'a pas d'information sur la maladie du roi du Maroc.

"Je voudrais dire devant la commission, aussi solennellement que possible et sans revenir sur mes propos, que je démens formellement détenir des informations médicales sur l'état de santé du Roi du Maroc", explique le député socialiste, rapporteur de la mission d'information sur le Maghreb.

"Je ne suis pas médecin et je n'ai consulté aucun médecin", poursuit Jean Glavany qui précise tout de même "avoir tenu ces propos et les assumer par honnêteté."

La mise au point du député intervient une semaine après sa surprenante déclaration sur Mohammed VI devant la même commission des affaires étrangères :

Cet homme est un roi malade. Je ne suis pas porteur de secret médical, mais tout le monde sait qu'il est atteint d'une maladie à évolution lente, qu'il est soigné à coup de cortisone...Jean Glavany, député PS

L'appel du Palais chérifien

Pour expliquer sa volte-face, Jean Glavany a expliqué avoir reçu, devant la commission des affaires étrangères, un coup de téléphone de l'avocat du souverain marocain : "Cela a provoqué une grande émotion dans ce pays et en particulier au Palais, explique-t-il. Le Roi m'a fait appeler par son avocat, sans aucune agressivité d'ailleurs, pour me dire qu'il était ému et déstabilisé par cette information."

Au Maroc, la santé du Roi est un sujet tabou. En 2009, le directeur de l'hebdomadaire Al Michaal, Idriss Chahtane, a été condamné à un an de prison. Il avait révélé que le roi était atteint d'une maladie, après l'annulation d'un voyage à l'étranger.

Jean Glavany, qui avait aussi évoqué le 18 janvier la « fragilité » des régimes du Maghreb, a donc préféré éviter toute crise diplomatique. D'autant que la présidente de la commission des affaires étrangères, Elisabeth Guigou, est attendue les 7 et 8 février à Alger, pour des entretiens politiques, et le 10 à Tunis, où elle est attendue à la première réunion des ministres de la Culture des pays du bassin occidental de la Méditerranée.