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Formation professionnelle : les députés critiquent un "système inefficace et inefficient"

Au lendemain des annonces gouvernementales, les membres du groupe de travail "formation professionnelle et apprentissage" ont mis en lumière les "principales défaillances" d'un système jugé peu efficace aujourd'hui. La ministre du Travail Muriel Pénicaud sera auditionnée à l'Assemblée le 21 mars et présentera le 18 avril son projet de loi en conseil des ministres.

Les députés du groupe de travail "formation professionnelle et apprentissage" ont rendu publiques mardi les conclusions suite à deux mois d'auditions. L'occasion pour eux de critiquer, à l'instar de l'élu LREM Thierry Michels, un "système inefficace et inefficient".

"La dépense globale de formation professionnelle et d’apprentissage s’élève en 2015 à 25 milliards d’euros, s’y ajoutent 7 milliards d’euros de dépenses directes des entreprises (et) on a un accès aux formations certifiantes parmi les plus bas d'Europe", a rappelé la députée LREM Catherine Fabre, qui sera la rapporteure du futur projet de loi du gouvernement.

Inégal accès aux droits

L'élue a notamment fustigé la complexité du compte personnel de formation (CPF), "trop rarement mobilisé" : "10% des comptes sont activés à ce jour."

Autre problème relevé, l'inégalité d'accès aux droits :

Le taux d'accès à la formation varie du simple au triple entre une personne qui n'a pas de diplôme et une personne diplômée du supérieur.Catherine Fabre

Catherine Fabre a également évoqué la difficile évaluation de la qualité de l'offre, puisqu'il existe en France 60.000 organes de formation, contre 5.000 en Allemagne.

"Remettre les besoins des bénéficiaires au cœur de système"

Catherine Fabre a souhaité proposer quatre grands objectifs aux députés :

  • "Remettre les besoins des bénéficiaires au cœur du système."
  • "Une égalité d'accès de tous les publics."
  • Une plus grande "simplicité et lisibilité du système".
  • "Garantir la qualité de l'offre de formation."

Le projet de loi présenté le 18 avril en conseil des ministres

Le timing de cette communication a été contesté par la députée Nouvelle gauche Hélène Vainqueur-Christophe : Muriel Pénicaud a en effet déjà annoncé lundi les grandes lignes de sa réforme de la formation professionnelle.

La ministre du Travail viendra d'ailleurs défendre son projet de loi devant les députés dès le 21 mars, avant de le présenter officiellement en conseil des ministres le 18 avril...

"Nous ne discutons pas du projet de loi, que nous n'avons pas encore sur nos tables", a dû rappeler la présidente de la commission des affaires sociales Brigitte Bourguignon devant les questions insistantes des députés.

Monétisation du CPF

Mais Catherine Fabre a tout de même pu commenter certaines annonces de Muriel Pénicaud, comme celle de créditer les comptes personnel de formation (CPF) en euros, et non plus en heures.

Les salariés, qu'ils soient à temps plein ou à temps partiel, disposeront ainsi chaque année de 500 euros qu'ils pourront cumuler sur leur compte, jusqu'à un plafond de 5.000 euros. Les personnes "sans qualification" auront droit quant à elles à 800 euros par an (avec un plafond de 8.000 euros).


Lors de sa communication, Catherine Fabre s'est déclarée "plutôt pour" ce changement qui permet de supprimer, selon elle, une "intermédiation qui devient technique et qui devient difficilement lisible".