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Face aux taux d'intérêt bas, la Cour des comptes appelle à la "prudence"

S'endetter pour investir ? Alors que la France emprunte à des taux historiquement bas, des économistes appellent à utiliser ce levier pour doper l'investissement public. Didier Migaud, auditionné mercredi à l'Assemblée, estime néanmoins que le pays reste "très peu armé" en cas de nouvelle crise financière, alors que la dette française frôle les 100% du PIB.

Lentement mais sûrement, la dette publique française augmente. Au premier trimestre 2019, elle atteignait 99,6% du PIB (2358,9 milliards d'euros). Une charge trop lourde à assumer ? Pas forcément. À en croire certains économistes, comme Olivier Blanchard dans Les Échos, cette tendance de taux d'intérêt exceptionnellement bas pourrait perdurer "pendant une décennie ou plus". La France s'endette désormais à moyen et long terme à taux zéro, voire à des taux négatifs à court terme.

À contre-courant des discours austéritaires, l'ancien chef économiste du FMI estime qu'il faut profiter de cette nouvelle donne macro-économique pour dépenser plus : "Dans l'environnement actuel, il faut être prêt à des dépenses supplémentaires si elles sont justifiées - par exemple pour certaines formes d'investissement public, pour renforcer la formation professionnelle ou l'éducation", explique-t-il.

Manne budgétaire

Une analyse que ne partage pas vraiment Didier Migaud. Devant la commission des finances, le premier président de la Cour des comptes a appelé les parlementaires à "la prudence" : "Même si à court terme le bas niveau des taux peut nous rassurer, il serait imprudent de croire qu'il se maintiendra indéfiniment", analyse-t-il.

Qu'elle soit durable ou non, la baisse des taux permet d'ores et déjà au gouvernement de faire une bonne affaire : elle pourrait permettre d'économiser environ 4 milliards d'euros sur le budget 2020 par rapport aux estimations initiales de Bercy. Une manne budgétaire bienvenue à l'heure où l'exécutif réfléchit toujours aux financements de la baisse de l'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros promise par Emmanuel Macron à l'issue du Grand débat.