twitter facebook chevron-right

Edwy Plenel "fraudeur fiscal" ? Les Républicains attaquent le fondateur de Médiapart

Sous les applaudissements de ses collègues, le député Jean-Charles Taugourdeau (LR) a vivement critiqué, mardi, l'intégrité du journaliste qui interviewera Emmanuel Macron sur son bilan après un an au pouvoir, dimanche sur BFMTV et RMC.

La charge est violente. À la mesure du ressentiment de la droite à l'égard de Mediapart ? Mardi, lors des Questions au gouvernement, Jean-Charles Taugourdeau a violemment critiqué Edwy Plenel, le patron du média d'investigation. Le journaliste s'apprête à interviewer le président de la République au côté de Jean-Jacques Bourdin, dimanche soir sur RMC et BFM-TV.

"En principe, les présidents de la République ont toujours été interrogés par des journalistes faisant autorité dans le monde de la presse", raille d'emblée le député Les Républicains de Maine-et-Loire. Avant de critiquer avec force le CV du patron de presse, dont le média a sorti de (nombreuses) affaires sur l'arrivée au pouvoir et la présidence de Nicolas Sarkozy.

Jean-Charles Taugourdeau a d'abord fait allusion à des écrits d'un passé lointain :

Je rappelle que M. Plenel a soutenu, en son temps, les assassins de onze membres de l'équipe israélienne aux JO de Munich en 1972.Jean-Charles Taugourdeau, député Les Républicains de Maine-et-Loire

Une référence à la chronique publiée en 1972 dans la revue Rouge par Joseph Krasny, alors pseudonyme du journaliste, dans laquelle celui-ci soutenait l’assassinat d'un groupe d'athlètes israéliens par le groupe terroriste palestinien Septembre Noir, en pleine trêve olympique. Contacté par Liberation, Edwy Plenel est déjà revenu sur ces propos, dont il assume la paternité mais qu'il regrette.

"Ce texte, écrit il y a plus de quarante-cinq ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui", explique-t-il. Et d'ajouter que ce discours "n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque".

Fraude à la TVA ?

Autre critique, Jean-Charles Taugourdeau voit aussi dans le journaliste un fraudeur fiscal : "Dernièrement, M. Plenel a sciemment fraudé le fisc en s'octroyant son propre taux de TVA", accuse-t-il.

Une allusion au refus de Mediapart de s'acquitter du taux maximal de TVA en vigueur pour la presse en ligne jusqu'en 2014, alors que la presse papier bénéficiait, elle, d'un taux réduit de 2,1%. Une fraude à la TVA estimée à "4 millions d'euros" par le député LR, qui se demande si l'ardoise a depuis été réglée.

Là encore, le patron de Médiapart s'est déjà expliqué sur cet acte de désobéissance face à une fiscalité qu'il estimait incohérente :

En étant les premiers à réclamer, dès 2008, notre reconnaissance comme un journal à part entière (...), nous revendiquions d’emblée le même taux de TVA pour toute la presse quel que soit son support.Edwy Plenel, le 30 septembre 2014 sur Mediapart

Chargé de répondre au député, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux estime que, pour la droite, "celui qui pose les questions importe plus que les réponses". Une façon de recentrer le débat sur le principal enjeu de dimanche : quel bilan pour Emmanuel Macron après presque un an à l'Élysée ?