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Don d'organes : "Nombreux sont ceux qui pensent que le consentement des proches est nécessaire..."

Le taux de refus des dons d'organes est passé pour la première fois sous les 30% cette année, mais les refus ne sont pas toujours dus à une opposition du donneur. Auteur d'un rapport sur le sujet, Jean-Louis Touraine propose d'améliorer la communication sur le "consentement présumé" qui fait de nous tous de potentiels donneurs.

Depuis la loi Caillavet de 1976, "toute personne est considérée comme donneuse d'organes et de tissus après sa mort dès lors qu'elle n'a pas fait connaître de son vivant son refus", rappelle Jean-Louis Touraine (LREM), qui a rendu mercredi les conclusions de sa mission sur le sujet.

Selon lui, cinq cents à six cents vies pourraient être sauvées chaque année si la demande en organes était pourvue. Toutefois, la dynamique est plutôt encourageante, puisque 5 891 organes ont été greffés en France en 2016, soit une hausse de 17% depuis 2012. Environ 14 000 patients étaient dans l'attente d'un organe l'année dernière.

Signaler le refus de son vivant

Député du Rhône, Jean-Louis Touraine a fait voter une nouvelle disposition entrée en vigueur le 1er janvier 2017, qui précise clairement les conditions d'un refus de prélèvement d'organes.

Désormais, il faut en priorité s'inscrire sur un registre national des refus de prélèvement (300 000 inscrits à ce jour), ou à défaut signifier ce refus par écrit à un proche. Plus exceptionnellement, faute d'écrit, un proche "peut faire valoir le refus" du défunt, "en mentionnant précisément le contexte et les circonstances de son expression".

Au total, "le taux de refus de prélèvement d'organes, qui était de 32% en 2015 et 33% en 2016, est tombé à 29,6% en 2017", se félicite Jean-Louis Touraine. La marge de progression reste cependant importante, puisque d'après un sondage Harris Interactive de 2016, huit Français sur dix sont favorables à ce qu'on prélève leurs organes.

Le barrage des proches

Dans les faits, les proches peuvent souvent freiner le processus de don en refusant le prélèvement quand le défunt n'a pas laissé d'instruction.
Le député estime qu'"il ne faut pas être naïf" et attribue un refus sur dix à l'opposition des proches... alors même que s'opposer au prélèvement sans preuve du refus du défunt n'est, théoriquement, pas autorisé.

Pour 10,4% (des donneurs potentiels non prélevés), c'est le 'contexte' qui n'a pas permis d'aboutir au prélèvement, ce qui correspond dans la quasi-totalité des cas à une farouche opposition des prochesJean-Louis Touraine, 20 décembre 2017

Des cours au collège ?

Pour populariser encore davantage le don d'organes, Jean-Louis Touraine suggère d’accroître la communication auprès des plus jeunes.

Par exemple en créant lors de la Journée défense et citoyenneté un module relatif au don d’organes, en lieu et place de la simple "information" délivrée aujourd’hui. Ou en inscrivant le don d’organes et la greffe au programme du collège, en Sciences et Vie de la Terre, mais également en éducation civique.

L'occasion de faire savoir que le don d'organes est anonyme et gratuit en France. Et que chaque donneur, en offrant reins, cœur, foie ou pancréas, sauve "en moyenne trois vies".