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Didier Guillaume défend la loi Agriculture : "Il est faux de dire que le panier va augmenter"

La loi Agriculture et Alimentation tient-elle ses promesses ? Didier Guillaume a répondu jeudi aux doutes des députés. Le ministre assure que le revenu des agriculteurs va augmenter et juge négligeable la hausse des prix sur les produits d'appel des supermarchés.

Permettre aux agriculteurs d'avoir un revenu digne, c'était l'objectif numéro 1 de la loi Agriculture et Alimentation, votée le 30 octobre 2018. Parmi les mesures phares de ce texte foisonnant, qui a vu passer plus de 5 500 amendements, deux décisions entrées en vigueur le 1er février retiennent l'attention car elles touchent directement au porte-monnaie des ménages : la hausse du seuil de revente à perte et l'encadrement des promotions.

Prévues pour l'instant pour une durée expérimentale de deux ans, ces mesures sont censées redonner de la valeur aux denrées alimentaires et, par répercussion, bénéficier aux agriculteurs, dont le pouvoir de négociation face à la grande distribution est largement déséquilibré. "400 000 exploitations agricoles, 1 500 intermédiaires, quatre centrales d'achat, une fois qu'on a dit ça on a tout compris : les agriculteurs ne pèsent pas !", résume Didier Guillaume devant les députés.

"0,70 à 1 euro en plus"

En relevant le seuil de revente à perte, le gouvernement veut contraindre les supermarchés à vendre leurs produits à des prix supérieurs d’au moins 10 % à ceux auxquels ils les ont achetés. "Si vous faites du bœuf qui vous coûte 5 euros et que vous le vendez 3,50 euros, ce n'est pas possible", insiste le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Problème, cette nouvelle règle a entraîné une inflation des produits d'appel, ceux sur lesquels les grandes enseignes sont prêtes à sacrifier leurs marges pour attirer les clients, de 4 à 8% selon les pointages. Une flambée que Didier Guillaume minimise : "Il est faux de dire que le panier va augmenter", même s'il reconnaît une "augmentation du panier de 70 centimes à un euro".

Fin des promos XXL

La nouvelle loi prévoit également la restriction des promotions alimentaires, qui pouvaient parfois donner lieu à des rabais de plus de 80%. Elle prévoit la fin des promotions "2 pour le prix d'1", mais maintient le "3 pour le prix de 2".

Un tournant assumé par le ministre :

Si on veut faire une meilleure éducation de nos mômes à l'alimentation, dire 'je vais acheter une côtelette et je vais en avoir deux gratuites pour le prix d'une', ce n'est plus possible !Didier Guillaume, le 07/02/2019

Mais ces nouvelles règles sont-elles vraiment respectées par la grande distribution ? Pour Didier Guillaume, s'il est encore trop tôt pour tirer un bilan après une semaine, il promet que 6 000 contrôles seront diligentés par la répression des fraudes dans l'année, et que 240 ont déjà été effectués depuis le 1er février.