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Des députés demandent au gouvernement de "sortir de son silence" sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie

Prenant la suite de Christian Jacob (LR), Eric Ciotti (LR) mais aussi l'élu socialiste David Habib (PS) ont demandé mercredi à l'exécutif de se positionner politiquement sur le référendum d'autodétermination qui aura lieu à la fin de l'année en Nouvelle-Calédonie.

Les députés de la commission des lois ont adopté mercredi le projet de loi organique sur la "consultation sur l'accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie". Ce texte, qui précise les modalités du scrutin sur l'autodétermination qui doit avoir lieu à la fin de l'année 2018, a été voté dans les mêmes termes qu'au Sénat.

Inscrire "10 à 11.000 Calédoniens" supplémentaires

Le projet de loi, dont le rapporteur est Manuel Valls, a pour but d'élargir autant que possible le corps électoral du référendum : "Les articles 1 et 2 traduisent en droit l'accord politique trouvé (le 2 novembre) lors du comité des signataires de l'accord de Nouméa", a expliqué l'ancien Premier ministre.

"Ce texte permet d'inscrire quelque 10 à 11.000 Calédoniens de statut de droit coutumier ou de droit commun qui ne l'étaient pas jusque-là", a ajouté la députée LREM Naïma Moutchou.

"Vision de notre nation"

Les échanges ont été consensuels, les députés ne voulant pas se risquer à crisper davantage une situation déjà tendue sur place. En février, lors d'un débat avec le public calédonien au Congrès, Manuel Valls avait provoqué la colère des indépendantistes en affirmant qu'il "souhaitait que la Nouvelle-Calédonie reste avec la France".

Le chef de file des députés Les Républicains Christian Jacob, lors du même voyage, avait évoqué sa "conviction que la place de la Nouvelle-Calédonie est dans la France".

Mercredi, Eric Ciotti a exprimé aux deux députés sa "gratitude" d'avoir "exprimé leur attachement à ce que la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté française" : "On n'est pas ici que des experts ou des techniciens, on est porteurs d'une vision de notre nation", a affirmé le député Les Républicains des Alpes-Maritimes.

"Si le non l'emporte, ce qui est vraisemblable..."

Une attaque adressée au gouvernement, qui adopte pour l'instant une attitude de stricte neutralité. Une attitude déplorée aussi par Christian Jacob qui avait lancé, en février depuis Nouméa : "On ne peut imaginer en métropole un référendum pour lequel un gouvernement dirait 'Je n'ai pas d'idée'".

Mercredi, devant la commission des lois, le député Nouvelle Gauche David Habib a été encore plus explicite : "Nous souhaitons que le gouvernement s'exprime", a déclaré l'élu des Pyrénées-Atlantiques, demandant également à Emmanuel Macron "de ne pas rester dans le flou". Toutefois, selon David Habib, il est "vraisemblable" que le "non" l'emporte à l'issue du scrutin.

Manuel Valls a pour sa part évoqué les "valeurs océaniennes, mélanésiennes, kanaks, mais aussi françaises européennes et républicaines" de la Nouvelle-Calédonie, avant de parler du "destin commun" liant la France à ce "territoire" : "La République est grande quand elle reconnaît la diversité."

"Préparer le jour d'après"

Les débats ont également permis à Manuel Valls de donner quelques précisions sur le calendrier du référendum, qui pourrait avoir lieu le 4 novembre : "(La date) doit être maintenant approuvée par le Congrès (...) Mais je me méfie des accords parfois conclus en Nouvelle-Calédonie qui peuvent être défaits peu de temps après", a affirmé l'ancien Premier ministre.

Il reste également à trancher le problème de la question qui sera posée aux votants : "Elle doit être à la fois binaire et simple mais il faut aussi rester le plus près possible des accords de Nouméa et il faut que cela soit positif, parce que cela n'est qu'une étape", a précisé Manuel Valls.

Car le député de l'Essonne a prévenu : "Il appartient au gouvernement, au président de la République, aux acteurs de la Nouvelle-Calédonie, à nous-mêmes, de préparer le jour d'après, les semaines d'après et les mois d'après..."

Après le vote des députés de la commission, le texte sera examiné le 13 mars dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.