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Déficit public : pour Moscovici, la France doit "accentuer les efforts" et "réduire la dette"

Le commissaire européen considère que Paris doit continuer à réaliser des "économies intelligentes", après être passé sous la barre des 3% de déficit public. Il a également mis en garde le nouveau pouvoir italien, en affirmant que le prochain budget devra "fatalement s'inscrire dans le cadre des règles" européennes.

Jeudi, le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici a adressé aux députés un message clair : "Il faut accentuer les efforts ou les poursuivre." Auditionné par les commissions des finances et des affaires européennes de l'Assemblée nationale, l'ancien ministre de l'Economie (2012-2014) a salué la sortie annoncée de la France de la procédure européenne de déficit excessif, la fin d'une "saga juridique, budgétaire et politique" qui aura duré "neuf ans".

Mais "ce n'est pas la fin de l'histoire", a aussitôt tempéré le commissaire européen : car si le déficit de la France est bien passé en-dessous des 3% du PIB (2,6% en 2017, 2,3% prévus en 2018 et 2,8% en 2019), "la dette publique de la France reste trop élevée".

On ne peut pas considérer qu'une fois qu'on est passé sous 3% c'est fini, non. Quand on a 97% de dette publique, on doit continuer.Pierre Moscovici

"Ne considérons pas que tout le travail a été fait", martèle Pierre Moscovici, appelant à une meilleure "évaluation de la qualité de la dépense publique" et à l'instauration d'"économies intelligentes au rabot".

L'ancien ministre a prévenu : les prévisions budgétaires du gouvernement pour 2019 seront scrutées avec attention par la commission européenne qui attend "un effort significatif".

"Garder foi en l'Italie"

Interpellé à plusieurs reprises sur la situation en Italie, Pierre Moscovici a, dans un premier temps, affirmé que si deux "partis eurosceptiques" (la Ligue et le Mouvement 5 étoiles) sont arrivés au pouvoir dans la péninsule, c'est "parce que les citoyens ont eu le sentiment que l'Europe n'avait pas répondu à leurs attentes" :

Il serait vain de refuser la légitimité démocratique du nouveau gouvernement.Pierre Moscovici

"Je travaillerai avec ce nouveau gouvernement", a affirmé le commissaire européen, qui "refuse de [se] prononcer sur les annonces" de réformes mais attend "des actes" :

Il faut garder foi en l'Italie, qui doit elle garder foi en l'Europe.Pierre Moscovici

Pierre Moscovici prône avec Rome un "dialogue constructif" qui aura toutefois lieu "dans le cadre européen" : "Le budget 2019 de l'Italie devra fatalement s'inscrire dans le cadre des règles européennes", a affirmé le commissaire européen, qui estime que "pour leur bien", les Italiens doivent "continuer de maîtriser" leur dette publique.

Une manière à peine voilée de mettre en garde le nouveau pouvoir italien contre toute velléité de mettre en oeuvre l'intégralité d'un programme qui aurait pour conséquence, selon l'élu LREM Fabrice Le Vigoureux, d'"augmenter massivement (sa) dépense publique".