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Conseil constitutionnel : Corinne Luquiens par elle-même

Auditionnée jeudi matin par la commission des lois, la discrète secrétaire générale de l'Assemblée nationale intègrera le Conseil constitutionnel en mars sur proposition de Claude Bartolone.


"Si je suis honorée d'être ici devant vous aujourd'hui, je dois vous avouer que je suis également impressionnée..." La nomination au Conseil constitutionnel de Corinne Luquiens, la secrétaire générale de l'Assemblée nationale, a été validée à l'unanimité jeudi matin par la commission des lois. Durant son audition, cette fonctionnaire discrète de 63 ans est revenue sur son parcours, dévoilant (un peu) sa personnalité.

"Fonctionnaire parlementaire peu habituée à parler d'elle-même"

Devant les députés, qu'elle a côtoyés pendant près de 40 ans, Corinne Luquiens peine à masquer son émotion :

Je n'avais pas imaginé que je pourrais avoir un jour à m'exprimer devant (cette commission). L'exercice auquel je dois me livrer n'est donc pas des plus faciles, je dois me présenter, ce qui n'est jamais simple, mais qui l'est moins encore pour une fonctionnaire parlementaire, qui, à ce titre, est peu habituée à parler d'elle-même.Corinne Luquiens

La future membre du "conseil des Sages" évoque ensuite sa carrière, "des plus linéaires" : "Après des études généralistes en sciences politiques et en droit, j'ai passé le concours d'administrateur de l'Assemblée nationale à 22 ans et je suis entrée il y a près de 41 ans à l'Assemblée nationale."

Corinne Luquiens se félicite aussi, malgré sa longévité "au sein d'une même administration", d'avoir "fait plusieurs métiers" : questure, communication, relations internationales... Elle a, ajoute-t-elle, "fait la majeure partie de sa carrière à la commission des lois, au service de la séance puis au secrétariat général".

"Travailler de manière objective"

Corinne Luquiens énumère également les qualités qu'elle estime être siennes : "Le sens de l'intérêt public, la neutralité, la réserve et l'indépendance, j'aurais pu ajouter aussi la discrétion." Avant de préciser : "J'ai appris à travailler de manière objective, sans tenir compte de mes convictions personnelles mais en respectant celles de ceux auprès desquels je travaillais."

"Les qualités requises d'un fonctionnaire parlementaire sont sans doute susceptibles de coïncider avec celles que l'on peut attendre d'un membre du Conseil constitutionnel... Si vous voulez bien me permettre d'accéder à cette fonction...", ajoute aussitôt Corinne Luquiens, dont la personnalité est ensuite saluée par les députées Sandrine Mazetier (PS) et Marie-Jo Zimmermann (LR).

Deux propositions de loi censurées

Corinne Luquiens rappelle également, dans un trait d'humour, ses déconvenues avec l'institution qu'elle intégrera prochainement : "Je me souviens de deux propositions de lois sur lesquelles j'ai travaillé qui ont été globalement censurées par le Conseil constitutionnel... Je dois dire néanmoins que ce n'était pas une surprise totale...", déclare-t-elle, provoquant les rires des quelques députés présents.

Corinne Luquiens évoque aussi les limites actuelles de la navette parlementaire entre l'Assemblée nationale et le Sénat : "Les deuxièmes lectures ne sont peut-être pas ce qu'elles devraient être (...) Les deuxièmes lectures ne sont plus toujours un exercice d'amélioration et d'enrichissement de la loi, mais un exercice de répétition de la première lecture (...) Les amendements déposés en première lecture le sont presque toujours systématiquement (en deuxième)." Selon la fonctionnaire, l'utilisation "plus fréquente" de la procédure accélérée n'est donc pas toujours un "abus".

La nomination de Corinne Luquiens a été votée à l'unanimité des 18 votants de la commissions des lois, qui ont applaudi le résultat du scrutin.


Maxence Kagni