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Concert du rappeur Médine au Bataclan : Collomb plus offensif que Philippe

Dans l'attitude et le choix des mots, le ministre de l'Intérieur s'est montré mercredi plutôt hostile à la présence de l'artiste sur la scène parisienne et se dit "prêt à prendre ses responsabilités". Interrogé la veille au Sénat sur le même sujet, Édouard Philippe a promis d'abord de faire respecter "et la liberté d'expression et la loi".

Dans ce qui est devenue en quelques jours l'"affaire Médine", le gouvernement est officiellement sur une ligne claire. Il n'y aura pas d'interdiction des deux représentations du rappeur Médine au Bataclan, prévues en octobre, sauf s'il y a un risque de "trouble à l'ordre public".

"Nous respecterons scrupuleusement et la liberté d'expression et la loi", a ainsi promis Édouard Philippe au Sénat, mardi. Presque un oxymore, car en l'espèce, si le préfet de Paris était amenée à demander l'annulation du concert, cela conduirait, de fait, une restriction de la liberté d'expression...

Gérard Collomb, interrogé sur le même sujet mercredi à l'Assemblée, a d'emblée jugé "choquantes" les paroles controversées du chanteur. Dans un album sortie en 2015, on peut notamment l'entendre dire "crucifions les laïcards comme à Golgotha". Un texte sur lequel l'artiste a précisé sa pensée.

Puis le ministre a clairement laissé entendre qu'il surveillerait de près la situation jusqu'en octobre, quitte à agir contre la tenue de ce concert :

Comme vous le savez, tout ce qui peut amener un trouble à l'ordre public peut, dans les limites de la loi, pouvoir trouver une interdiction. Nous verrons d'ici le mois d'octobre mais (...) nous saurons toujours prendre nos responsabilités.Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur

"Liberté d'expression" ou "ordre public" ? Si le gouvernement choisit la deuxième option, ce sera alors au juge administratif de trancher si le concert du rappeur constitue, oui ou non, un trouble sérieux à l'ordre public.