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Brexit : Valls évoque la possibilité d'une Europe à plusieurs vitesses

Manuel Valls a pris la parole mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour évoquer la décision de la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne.


Un "choc considérable et historique". Manuel Valls a évoqué, mardi à l'Assemblée nationale, les conséquences du Brexit, lors d'un débat sans vote dans l'hémicycle. "Nous continuerons de coopérer (avec les Britanniques)", a notamment affirmé le Premier ministre.

Mais le Premier ministre a également haussé le ton, demandant à la Grande-Bretagne d"activer le plus rapidement la clause de retrait de l'Union européenne". "Pas de temps à perdre, il n'y aura pas de négociations tant que l'article 50 ne sera pas déclenché", a-t-il ajouté, avant de lâcher cette formule :

Ce n'est pas le parti conservateur britannique qui doit imposer son agenda.Manuel Valls

Europe à plusieurs vitesses et nouveau traité

Il a également évoqué la possibilité de construire une Union à plusieurs vitesses :

S'il faut mener à quelques-uns ce que les 27 ne sont prêts à faire, et bien, faisons-le !Manuel Valls

La position du Premier ministre a été partagée, à la tribune, par Laurent Wauquiez et Bruno Le Maire. Le premier, député LR de Haute-Loire, a notamment affirmé que "l'Europe à 27, ça ne marche pas". Quant au candidat à la primaire de la droite pour 2017, il a appelé à la "réinvention du projet européen" et à la négociation d'un nouveau traité.

Demandant une Union européenne "plus saine", "plus démocratique, plus sociale", André Chassaigne, le président du groupe GDR à l'Assemblée nationale, a lui aussi demandé, avec force, la négociation d'un nouveau traité.

Défense et Schengen

François Fillon a pour sa part mis en garde :

Nous ne serons jamais un Etat fédéral : plus les nations sont bridées plus les nationalismes sont agressifs.François Fillon

L'ancien Premier ministre a demandé la mise en place d'un "gouvernement économique de la zone euro" et une "alliance de défense européenne" afin d'assurer "un juste partage des charges". Une idée similaire à celle reprise, quelques minutes plus tard, par Bruno Le Maire :

Tous les Etats européens doivent augmenter leur budget de défense pour participer à la sécurité du continent.Bruno Le Maire

Dans son discours, Manuel Valls avait concédé que "la menace terroriste, la crise migratoire, mettent l'espace Schengen à l'épreuve".

"Les vrais patriotes sont européens"

Le débat a été l'occasion, pour certains, de prendre la défense du projet européen. C'est notamment le cas de Philippe Vigier, le président du groupe UDI, qui assure que "les vrais patriotes sont européens".

Roger-Gérard Schwartzenberg, le président du groupe RRDP est allé plus loin :

L'europhobie est devenu la forme nouvelle de la xénophobie.Roger-Gérard Schwartzenberg

Une position opposé à celle du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui a fustigé une Union européenne qui a "défiguré l'idéal de paix et de prospérité imaginé à la fin de la seconde guerre mondiale".