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Le 13 novembre devant le Bataclan, l'incroyable conversation entre un militaire et un policier

Un représentant des commissaires de police regrette que des militaires de Sentinelle, présents près du Bataclan le 13 novembre, n’aient pas reçu l’ordre d’intervenir alors que l’attaque était en cours.

Auditionné mercredi soir par la commission d’enquête de lutte contre le terrorisme, Jean-Luc Taltavull, le secrétaire général adjoint du syndicat des commissaires de la police nationale, a expliqué que Sentinelle, le dispositif de surveillance militaire et policier mis en place après les attentats de Charlie Hebdo, pouvait encore être amélioré.

Pour illustrer ses propos, le fonctionnaire a livré cette information :

Il y avait des gens de Sentinelle à proximité du Bataclan. Un gradé de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) se trouve près d’une porte de secours et dit aux militaires : 'Allez ! On y va !' (…) Le détachement Sentinelle a dit : 'Non, j’ai pas d’ordres pour bouger.' Alors [le policier] lui dit : 'Alors passe moi ton Famas !'
Jean-Luc Taltavull

Finalement, le militaire refusera de lui donner son arme et restera à l’extérieur du Bataclan, ajoute Jean-Luc Taltavull.

Une anecdote qui montre, selon lui, le besoin de mieux identifier les rôles des policiers et des militaires en cas de nouvelle attaque terroriste de ce type. Le syndicaliste insiste surtout sur la nécessité pour chaque patrouille de police d'avoir une arme automatique à bord de leur véhicule : "Un point sur lequel vous allez nous entendre très souvent", prévient Jean-Luc Taltavull.

Thibaud Le Floch