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Aides à la presse : Valeurs actuelles n'a "pas déposé de demande", ironise Audrey Azoulay

L'hebdomadaire n'a pas bénéficié de l'élargissement des aides à la presse décidé fin 2015 car le titre a été condamné pour incitation à la haine raciale. Une situation critiquée par une députée Les Républicains.


Après l'attentat de Charlie Hebdo, l'une des mesures prises par le gouvernement a été d'étendre à certains journaux à faible tirage les aides à la presse, au nom du pluralisme. A l'époque, la ministre Fleur Pellerin s'était assurée qu'un tel élargissement ne concerne pas les titres ayant fait l'objet de condamnations pour racisme, antisémitisme, incitation à la haine raciale ou à la violence au cours des cinq dernières années. Ce qui est le cas de Valeurs Actuelles, dont le directeur de la publication a été condamné pour provocation à la haine contre les Roms, au mois de mars.

Recours en cours

Mardi, lors de l'examen des crédits consacrés aux médias en 2017, la député LR Virginie Duby-Muller s'est indignée du sort réservé à l'hebdomadaire :

"Avec l'audience importante de Valeurs Actuelles, on peut s'étonner de cette exclusion prise par votre prédécesseur."Virginie Duby-Muller à Audrey Azoulay

En guise de réponse, la ministre de la Culture Audrey Azoulay a simplement acté que l'hebdomadaire "n'avait pas déposé de demande" auprès de ses services... avec un brin de mauvaise foi, puisque le journal du groupe Valmonde ne peut pas prétendre aux aides.

Le groupe a d'ailleurs déposé un recours auprès du Conseil d'État sur cette différence de traitement, une plainte toujours en cours d'examen selon la ministre. En revanche, la ministre dit n'avoir pas été notifiée par Bruxelles d'une autre plainte, qui aurait été déposée au niveau européen pour "aide d'État incompatible avec le Traité de l'Union européenne".