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Le maire d'Alès et le "problème politique" de l'abattage rituel

L'élu, dont l'abattoir a été mis en cause par l'association de protection animale L214, réclame une concertation entre l'Etat, les autorités religieuses et les vétérinaires pour "réformer la réglementation" en vigueur.


Jeudi matin, le maire d'Alès Max Roustan était auditionné par la commission d'enquête sur "les conditions d'abattage des animaux dans les abattoirs français".

L'abattoir géré par sa ville avait été mis en cause en octobre par une vidéo publiée par l'association L214. Elle dénonçait la "cruauté" des méthodes utilisées pour mettre à mort les animaux.

Pas de "stigmatisation"

Le maire d'Alès évoque "un vrai problème politique". Il explique ainsi que les "trois quarts" des extraits diffusés par l'association de défense de la condition animale sont liés à l'abattage rituel. Voulant éviter une quelconque "stigmatisation", Max Roustan assure que son abattoir "le fait conformément aux règles d'aujourd'hui".

Il appartiendra au législateur de dire "on continue ou on ne continue pas" d'abattre de cette manière-là.Max Roustan, maire d'Alès

L'élu met en garde : son abattoir réalise 50% de ses abattages selon les règles cultuelles : "Si on ne peut pas continuer à le faire dans ce style, on n'arrivera pas évidemment à faire tourner l'abattoir."

La question des sacrificateurs

Le maire d'Alès demande donc une "concertation avec le ministère de l'Agriculture, le ministère de l'Intérieur, les autorités religieuses et les vétérinaires pour réformer cette réglementation".

Autre problème souligné par l'élu et par Jack Pagès, le directeur de l'abattoir d'Alès : pour que la viande soit certifiée halal, "le rituel impose des sacrificateurs qui soient nommés extérieurement à l'abattoir".

La carte de sacrificateur est donnée par les mosquées avec une lettre de recommandation. Voilà. Et il n'y a aucune formation.Jack Pagès, directeur de l'abattoir d'Alès

Expliquant que l'"on peut refuser un sacrificateur s'il n'est pas compétent dans son travail", Jack Pagès assure que le contrôle se fait en l'observant travailler : "Avant, on ne le sait pas."

Maxence Kagni

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