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Abattage : le maire d'Alès dénonce les méthodes "terroristes" de l'association L214

L'abattoir géré par sa ville avait été mis en cause par une vidéo publiée en octobre 2015 par cette association. Elle dénonçait la "cruauté" des méthodes utilisées pour tuer les animaux.


"Cette association n'a qu'un but (...) c'est de faire de nous des végétariens !" La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur "les conditions d'abattage des animaux dans les abattoirs français" a continué ses travaux, jeudi matin, avec l'audition de Max Roustan, maire d'Alès.

L'abattoir situé dans sa ville - et gérée par elle - avait été mis en cause en octobre par l'association L214, qui avait publié sur internet une vidéo dénonçant la "cruauté" des méthodes utilisées pour mettre à mort les animaux.

La ville d'Alès "rudement salie"

"Après l'enquête administrative (...) aucune faute hors code rural n'a été commise", a assuré Max Roustan, qui déplore que "la ville d'Alès a été rudement salie". L'élu a remis en cause les "opérations commandos" de l'association L214.

Mon personnel a été traumatisé, la ville aussi.Max Roustan, maire d'Alès

"Minorités"

Le maire a également évoqué des "menaces de mort" :

Une association qui va aussi loin, c'est du terrorisme, c'est carrément du terrorisme.Max Roustan, maire d'Alès

Avant de modérer son propos en parlant de "terrorisme intellectuel". "Des minorités veulent imposer aux autres leur manière de fonctionner", a ajouté le maire, avant de s'emporter :

15.000 adhérents (pour l'association L214, ndlr), il y a 60 millions de français... Quand même ! Max Roustan, maire d'Alès

L'association L214 a toutefois reçu le soutien de l'écologiste Laurence Abeille, qui a pris la défense de "l'action associative" et des "lanceurs d'alerte" qui font "progresser la condition animale".

"Petit coup de pied"

Max Roustan a également évoqué le phénomène de routine vécu par les personnes qui travaillent dans des abattoirs : "L'homme est un homme, il n'y a pas de machine (...) Abattre des bêtes à un certain moment cela devient mécanique pour eux (...)"

On l'a vu dans un film qui était projeté à la télé, pour voir si la bête est vivante, on la caresse pas, on lui donne un petit coup de pied. C'est vrai que ça peut paraître par image quelque chose de terrible mais c'est malheureusement comme ça...Max Roustan, maire d'Alès

580 emplois directs ou indirects

L'élu a aussi assuré que l'abattoir d'Alès "coûte très cher à la collectivité" : "Perte sèche (chaque année), environ deux millions d'euros". Max Roustan se dit "révolté" par ceux qui affirment que les mesures préconisées pour l'abattage sont guidées par la "rentabilité". Avant de rappeler que "580 emplois directs ou indirects" sont concernés par l'abattoir d'Alès :

Cela fait quand même du monde dans le territoire...Max Roustan, maire d'Alès

Le maire craint la mort de "toutes les petites exploitations agricoles" de son territoire en cas de fermeture de la structure.

Jack Pagès, le directeur de l'abattoir d'Alès, a pour sa part nié que des animaux aient pu être "suspendus vivant" : "C'est tout à fait impossible (...) Ca peut être des réflexes..."

Maxence Kagni

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