Le 10 novembre 2011 à 18h00, mis à jour le 16 novembre 2011 à 18h03

Après Georges Papandréou, Silvio Berlusconi. Comme en Grèce, la crise de la dette a précipité la chute du président du conseil italien. Le chef de Forza Italia a tenu bon pendant dix-sept ans. Poursuivi pour corruption, abus de pouvoir et même prostitution de mineures. Hué, conspué, honni par la majorité du peuple italien. Mais toujours là. Et puis fschiou … d’un coup, l’impensable s’est produit. Les marchés ont obtenu la tête du Cavaliere. Celui que l’on disait indéboulonnable a été "renversé". Les mouvements de la bourse ont eu raison de lui.
Et maintenant Monti. La nomination n’est pas encore confirmée mais l’ancien commissaire européen est pressenti pour diriger le futur gouvernement de transition du pays. L’évocation de son nom a fait monter la bourse de Milan. Le professeur Monti, qui vient d’être nommé sénateur à vie, a la faveur des investisseurs et même celle de Silvio Berlusconi. Super Mario est l’homme qui permettra à l’Italie de retrouver sa crédibilité, celui qui a su rappeler à l’ordre Microsoft en 2004, en lui infligeant une amende record de 497 milliards d’euros pour non respect de la concurrence, saura imposer les bonnes réformes à l’économie italienne. C’est un homme comme ça qu’il faut pour l’Italie ! Finies les frasques, place au travail ! En période d’austérité, il faut un profil austère, un homme respectable et respecté, sérieux et inflexible, compétent et incorruptible. Et Mario est tout cela, dit l’oracle des marchés.
Monti et aussi Draghi. Mario Monti à la tête du pays et Mario Draghi aux commandes de la très auguste Banque centrale européenne, prêteuse en dernier ressort des états les plus endettés de la zone euro, donc de l’Italie. A peine nommé, ce dernier a pris la décision très symbolique de baisser les taux d’intérêt pour détendre l’atmosphère sur le continent. De quoi donner un peu d’air à l’économie italienne, en sus du rachat de la dette du pays, auquel la BCE consent depuis deux ans. Bref, deux Super Mario pour sauver l’Italie de la faillite. La soulager de son fardeau, une dette lourde de 1924 milliards d’euros.
En ces temps de grave crise, grecque, italienne et européenne, les "techniciens" semblent avoir la cote. Les marchés croient en eux. Ils leur font confiance pour redresser les économies les plus sinistrées de la zone euro. Le prélude, peut-être, à un changement de style, de gouvernance en Europe.
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