Le 26 octobre 2011 à 14h54, mis à jour le 26 octobre 2011 à 15h49
27 octobre 9999 : Cela ne pouvait plus durer. Alors les paris des spéculateurs ont eu raison des décisions politiques. Les dirigeants de la bien-nommée Europanalkafraz*, vaste communauté de peuples réunis, se sont soumis aux lois et aux aléas des marchés. L’eurokraz, la monnaie commune, a été détruite et la Grèce a commencé à dériver au large des côtes européennes.
Ce scénario extrême n’est pas si fou. L’ Union européenne traverse la plus grave crise de son histoire. Commencée il y a deux ans à Athènes, cette crise s’aggrave ; elle s’étend à d’autres États - l’Italie aujourd’hui, la France demain, peut-être - et concerne désormais les banques, avec à l’horizon la menace d’une récession.
Dans la tempête, Berlin tient le gouvernail. La première et plus solide économie du continent est en mesure d’imposer ses conditions et son idée de l’Europe aux autres pays. Forte d’une compétitivité retrouvée, après dix ans d’efforts chèrement payés pour se réunifier, elle force ses partenaires à se mettre à l’heure allemande. Elle veut bien continuer à payer pour Athènes, Dublin ou Porto et à soutenir la monnaie, mais en échange de plus d’intégration budgétaire, de sanctions fermes pour les États trop dépensiers et d’une réforme de la gouvernance économique dans la zone euro.
Voilà la feuille de route pour les années à venir. Dans l’immédiat, un grand péril attend le continent, menaçant de "faire basculer l’Europe vers des terres inconnues", comme le craint François Fillon. Point de rupture d’équilibre, moment critique et décisif, la crise peut tuer la zone euro ou au contraire la sauver. En clair, les dirigeants européens réunis pour un énième conseil de crise à Bruxelles ont le choix entre la faillite ou le fédéralisme, le chaos ou la refondation. 27 octobre 9999 : Cela ne pouvait plus durer comme ça. Le jour d’après est arrivé dans la bien-nommée Europanalkafraz. L’eurokraz a survécu à la crise, l’Allemagne et la France ont surmonté leurs désaccords et les citoyens, les Europanalkafrazi sont revenus au centre de l’attention. Désormais l’Europanalkafraz s’occupe des plus démunis, de ceux qui doivent se contenter de vivre de peu et de rien parce qu’ils n’ont plus d’argent et plus de travail. Le calme est enfin revenu sur le continent.
L’Europe est au pied de son destin, elle peut encore choisir son avenir. Après, il sera trop tard. Bientôt, demain, après-demain ou même tout à l’heure, l’Europe d’aujourd’hui n’existera plus.
* Nb : pour en savoir plus sur les institutions et l’histoire de l’Europanalkafraz, voir dans ce blog, le récit du 8 avril 2011.
cc Image cc XiXiDu
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Les commentaires sur cet article :
Adhémar de Moustargue le 26 octobre 2011
C’est excellent. Ne peut-on pas parler plutôt d’Europanalkafkakraz ?
guillaume le 15 novembre 2011
depuis l’euro rien ne va plus , mais ou a allons nous !!!!
de passage le 16 novembre 2011
1°/ Rendez-nous NOTRE France, 2°/ nous pourrons agir entre nous efficacement et 3°/ rappelez-vous que sur cette terre nous ne sommes que de passage !
saphir57 le 6 décembre 2011
Une question se pose ou plutôt plusieurs questions me viennent à l’esprit … Qui sont ces agences de notations ? Quels pourraient être leurs objectifs à court ou moyen terme ? Ne s’agit-il pas d’un rapt, d’une captation de la démocratie par standar and poor’s (et/ou autre agence de notation financière) ? Cela ne choque personne que des agences privés et non publiques puissent avoir CE pouvoir sur les états ?