Le 7 octobre 2011 à 17h10, mis à jour le 7 octobre 2011 à 17h49
La défiance et l’incertitude règnent en Europe. La Grèce est en ruines et au bord de l’explosion sociale. La crise de la dette menace de s’étendre sur le continent et le spectre d’une crise bancaire resurgit avec l’effondrement annoncé de Dexia, groupe franco-belge asphyxié par 100 milliards d’euros d’actifs toxiques. Après avoir longtemps refusé de voir les choses en face les dirigeants de la zone euro reconnaissent enfin tout haut que l’heure est grave. "Le temps presse", admet la chancelière allemande Merkel. « Il y a un sentiment d’urgence parmi les ministres européens des Finances" confesse le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. « Nous sommes confrontés au défi le plus grave de cette génération », martèle le président de la commission européenne Barroso. Pressés par le monde entier, les chefs d’Etat et de gouvernement se résignent à agir pour sauver leur monnaie unique et leurs banques. Un vaste plan coordonné de recapitalisation des établissements les plus fragiles se prépare.
Mais l’Europe, une fois de plus, est à la traîne. Les mesures décidées le 21 juillet dernier pour rassurer les marchés sur la solidité de la zone euro ne sont toujours pas en vigueur. Pire, les partenaires européens doutent à présent de l’efficacité de leur plan de sauvetage anti-crise, mis au point après de longues tractations et que les Grecs attendent désespérement pour tenir le coup, au moins à court terme. En coulisses, la France et l’Allemagne s’opposent à nouveau sur les conditions d’une recapitalisation des banques. "Il ne faut pas hésiter à renflouer" les banques, dit Berlin. "Il existe plusieurs options, nous n’en avons pas encore discuté au niveau européen", répond Paris. Pas d’accord non plus sur les compétences précises qui seront confiées au fonds européen de stabilité financière (FESF) adopté il y a un an et demi pour venir en aide aux mauvaises élèves de la classe économique, et dont la réserve financière (440 milliards d’euros) a déjà été à moitié entamée pour aider la Grèce, l’Irlande et le Portugal à relever leurs économies sinistrées.
Bref, les mois passent et toujours pas de décision à l’horizon. La réunion des ministres des finances initialement prévue le 13 octobre, et qui était cruciale pour la Grèce, a finalement été reportée au 13 novembre. Dans un mois. C’est-à-dire à la saint-glinglin. Mais en différant à chaque fois leurs décisions au lieu de s’unir pour agir, les Européens perdent du temps et de l’argent. Les désaccords européens encouragent la spéculation. Mais à ce train-là, le prochain plan de sauvetage pour l’Europe sera peut-être le dernier avant la faillite.
Commentez cet article :