Le 21 décembre 2010 à 17h44, mis à jour le 28 janvier 2011 à 17h10
Londres, jeudi 9 décembre.
La jeunesse et les forces de l’ordre s’affrontent devant le Parlement britannique. Le face à face est tendu, projectiles et insultes fusent dans le ciel d’hiver. Une rixe éclate à un coin de rue. Une jeune femme et un policier sont projetés en arrière, ils tombent presque simultanément l’un à côté de l’autre, blessés.
Au même moment, à la chambre des Communes, les députés débattent d’un projet de loi qui prévoit de tripler les frais d’inscription à l’université, au nom des arguments suivants : l’université est un service comme un autre, ce n’est pas à l’Etat de payer les études des jeunes, si l’on veut un meilleur service, il faut payer plus, quitte à s’endetter. Désormais, à la rentrée 2012, les universités britanniques auront le droit de réclamer jusqu’à neuf mille livres à leurs étudiants, en vertu du texte mis au vote à la chambre des Communes.
Au dehors, la manifestation grossit. Renversé par son cheval, un policier reçoit le soutien de ses collègues accourus avec leurs matraques pour le protéger du tumulte de la foule déchaînée. La manifestation est filmée en direct par les chaînes d’information continue. Elles n’ont jamais vu ça depuis les années Thatcher, disent-elles. Un petit groupe d’étudiants, posté au pied de Westminster, crie à la trahison.

Traître, Nick Clegg ! Toi qui avais promis la gratuité des études supérieures dans le pays et qui ose aujourd’hui nous demander de payer, parce que l’Etat n’a plus de sous.
A la chambre, le débat se poursuit, sans fronde, en présence du chef des Libéraux-Démocrates et vice-premier ministre du gouvernement Cameron, Nick Clegg.
Menteur, Nick Clegg ! Toi qui as déshonoré ta promesse de campagne, trahissant ceux, nous, qui avons si généreusement voté pour toi, allant jusqu’à te comparer à Churchill … nous avons honte de toi. Nous saurons nous en souvenir, à l’avenir.
La nuit tombe sur Westminster. Les députés adoptent la réforme controversée des droits d’inscription à l’université, le texte passe de justesse, à 323 voix dont celle de Nick Clegg, contre 302, il est validé quelques jours plus tard par la chambre des Lords. Une nouvelle étape de franchie dans la marche forcée vers l’austérité.
Londres, Athènes, Porto, Rome, Budapest … au Nord comme au Sud, la jeunesse d’Europe crie sa colère contre la rigueur, devenue la seule promesse de gouvernants visiblement impuissants à lui offrir un autre espoir qu’un avenir criblé de dettes. Sera-t-elle entendue à temps ?
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Les commentaires sur cet article :
Sylvain le 29 décembre 2010
Enorme. j’adore !
Sylvain maxilia - Consultant logiciel