Le 25 novembre 2010 à 19h10, mis à jour le 28 janvier 2011 à 17h04
Honte au taoiseach !
Lui qui a fait les poches des Irlandais, pour sauver les banques, menant le pays à la ruine.
Lui qui a accepté les milliards d’euros de Bruxelles, de la Banque Centrale et du Fonds Monétaire International, trahissant une nation si fière de son indépendance chèrement conquise face aux Anglais.
Lui qui appelle aujourd’hui au sursaut national, demandant à son peuple de se saigner à nouveau, face au grand péril qui menace l’île.
Dehors, taoiseach ! Pour l’amour de Dieu, va-t-en maintenant, l’Irlande ne veut plus de toi.
Voilà donc le coupable idéal de la crise irlandaise : le taoiseach (prononcez Teeshock ou T’i Choc). Etrange appellation qui désigne, en gaélique, le premier ministre, héritier des princes celtiques. Son titulaire actuel, Brian Cowen semble bien maudit des dieux. Car en plus de porter son titre si singulier, il doit affronter les foudres de ses compatriotes qui l’insultent et l’accusent de tous les maux. Bourru, gauche, rougeaud, capable même d’arriver ivre dans les studios de la radio nationale pour commenter la situation économique du pays.
Insulte suprême, des membres de son propre parti, Fianna Fail (les Soldats de la destinée) ont menacé de quitter le navire gouvernemental, aux commandes de l’île, avant qu’il ne sombre au large des eaux européennes, prédisant « un meurtre à la réunion du parti », comme prélude à la « guerre ».
Mais le taoiseach, impassible dans la tempête, s’accroche au pouvoir, au moins jusqu’à l’adoption du budget de rigueur en décembre, tandis que ses compatriotes endurent la réalité de la vie chère. Dans les bars, les ventes de Guiness baissent. Et une partie de la jeunesse songe à reprendre le chemin de l’exode, vers Washington ou Wellington, en attendant des jours meilleurs et l’avènement d’un nouveau taoiseach qui sauvera peut-être le pays.
KG
Crédit photo : Par MerrionStreet.ie / MAXWELLS
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Les commentaires sur cet article :
Leslie Shaw le 18 mars 2011
Entre 2002 et 2007 le montant des crédits immobiliers accordés par les banques irlandaises a été multiplié par 3 pour atteindre 385 milliards d’euros. Les banquiers et les promoteurs immobiliers ont ainsi créé une bulle qui a entraîné le pays dans un gouffre économique. Pendant cette période, un irlandais moyen pouvait emprunter plus de 100 % de la valeur du bien acheté et les intérêts étaient déductibles de l’IR. Cette folie a non seulement ruiné le pays, mais ravagé le paysage. Dans le village rural de Newtowngore (pop. 40) un promoteur a construit 38 pavillons et seulement 3 ont été vendus. En France vous avez beaucoup plus de bons sens.