Le 30 juin 2010 à 14h41, mis à jour le 4 février 2011 à 17h06
Interdit le Nutella. Trop gras, trop sucré, trop riche en huile de palme, donc mauvais, nocif et dangereux pour la santé du consommateur européen et pour l’environnement. C’est, en substance, l’information qui a circulé pendant plus de quarante-huit heures sur internet, suscitant les réactions les plus indignées aux quatre coins de l’Europe et notamment en Italie, où siège le fabricant de la fameuse pâte à tartiner et où le très auguste Andrea Ronchi, ministre des affaires européennes, a même fustigé le "fondamentalisme nutritionnel" de l’Europe. Le bruit a couru sur le net, injures par-ci, contre les technocrates de Bruxelles accusés de mettre leur nez partout, levée de boucliers par là, contre cette même Europe qui prétend désormais réglementer jusqu’aux petits plaisirs du quotidien, comme celui de manger du Nutella de bon matin, le bruit a couru, jusqu’à l’exhortation ("Touche pas à mon pot de Nutella"), le tumulte et la cacophonie générale, mais non.

Non, l’Europe ne va pas interdire la vente de Nutella. L’Europe ne va pas bannir les produits alimentaires malsains, par le subterfuge d’un nouvel étiquetage imposé sur les denrées alimentaires, ni même la vente des oeufs à la douzaine. Non l’Europe ne se mêle pas de tout. Tout juste a-t-elle le droit de dire que tel produit est riche en acides gras saturés, pauvre en sel, riche en calcium ou bon pour le coeur, mais non, d’un communiqué catégorique, le Parlement européen a coupé court à la rumeur.
Pourquoi alors tout ce tumulte ?
Le 16 juin dernier, les députés européens, qui siègent en séance plénière à Strasbourg, adoptent en première lecture un projet de règlement prévoyant qu’à l’avenir, les étiquettes alimentaires mentionneront la composition et la qualité nutritionnelle des produits de grande consommation. L’information déclenche aussitôt une tempête en Italie et la fureur de la petite ville d’Alba dans le Piémont qui abrite, dans ses collines, la maison mère de Nutella. L’affaire prend un tour politique, se répand dans la presse et se propage sur le net, où foisonnent les groupes de soutien."Ni le produit Nutella ni sa communication n’ont été mis en cause par l’Union européenne", d’un communiqué sec le groupe Ferrero dément la rumeur, sur son site internet en date du 21 juin. Beaucoup de bruit à partir de peu et de rien. Certes, l’Europe n’a pas vocation à interdire ou contrôler tout ce que consomment ses citoyens, du fromage au Nutella, en passant par le vin rosé. Mais chacun, jusqu’à nouvel ordre, reste libre de savoir s’il veut manger gras ou sucré, avoir une alimentation saine ou pas, c’est son droit, sa responsabilité, quel que soit l’étiquetage.
Crédit photo : Certains droits réservés par Mads Boedker / Flickr
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Les commentaires sur cet article :
bernardino le 12 octobre 2010
Encore faudrait-il que les politiques - en matière de Transparence, de Sécurité alimentaire - soient établies non pas sur des dossiers fournis "clés en mains par des groupes de Lobbies ( non élus démocratiquement ), mais déposés par des intervenants légitimes ( voire des citoyens soucieux de l’ intérêt Général ).
La plupart des textes de Directives européennes ( REACH par exemple ;) n’ a pu être adoptée que - très tardivement, après un travail en profondeur de sape des groupes d’ Intérêts privés ( Industries chimiques et Pharmaceutiques ). Ce Règlement tentait à rendre obligatoire les tests des milliers de molécules misent sur le marchés, et - avec l’ obligation pour les industriels, de remplacer les plus nocives par d’ autres…
Il reste encore - de très nombreux progrès à faire…