Le 24 mars 2010 à 13h24, mis à jour le 4 février 2011 à 17h22
C@rnet de route du 24 mars 2010
« … Mesdames, Messieurs, le Thalys 9999 à destination de Bruxelles va partir …Meine Damen und Herren der Thalys 9999 fährt jetzt ab… »
Bonjour, et bienvenue à bord du Thalys, 6H54, mercredi, Paris-Nord. Sonnerie de départ, message d’accueil en quatre langues (français-flamand-allemand-anglais), et silence. Juste le bruit de la motrice et le clik-clik des ordinateurs, une heure et vingt minutes de route tranquille et directe jusqu’à Bruxelles-gare du Midi-Zuid. D’un saut, nous sommes au coeur des institutions européennes, les bâtiments unicolores et uniformes défilent derrière la vitre du taxi, qui nous dépose devant le Parlement européen. Pas de visite guidée, juste un bref coup d’œil à l’intérieur.
Des couloirs, à perte de vue. Escaliers, portes, ascenseurs, passerelles, et sas hermétiques, où il vaut mieux éviter de se perdre si l’on en croit un visiteur italien , contraint d’attendre que les secours viennent le sortir, après une nuit passée là-dedans, au niveau-1, sans eau ni nourriture.
Des vitres, partout. Le Parlement européen, à Bruxelles, est une grande cage de verre boursouflée, avec une myriade de fenêtres et de baies, jusqu’au douzième étage et au toit, d’où on peut voir en ce moment un ciel dégagé et, au loin, le Berlaymont, le bâtiment de la Commission.
Et puis des cantines, devant les bureaux. Quatre mille caisses rigides, où chaque fonctionnaire européen empile le nécessaire de voyage (dossiers officiels ou documents personnels) qui le suivra jusqu’à Strasbourg, remorqué sur chariots spéciaux une fois par mois, pour les sessions plénières.
Europe bureaucratique ? Peut-être, mais dans ce décor aseptisé il y a de la vie. Tendez l’oreille, vous entendez des sons, roulés, sec, claqués, enveloppés, vous écoutez la petite musique européenne, dans les vingt-trois langues officielles de l’Union. Vous voyez des robes chatoyantes, des tenues extravagantes, ou plus sobres, des façons différentes de s’habiller, rien d’uniforme. Dans ces couloirs, derrière ces vitres, il y a du bruit, des couleurs, de la vie. Même réglée et réglementée, elle se déploie dans ces couloirs, derrière ces façades. Même à Strasbourg, de hautes plantes vertes arrivent à pousser entre les blocs d’ascenseurs, construits dans le bâtiment de Strasbourg du Parlement européen.
Une Europe de couleurs et de saveurs. C’est avant tout cette Europe que je vois. A travers les yeux de ceux qui la vivent, et la font vivre chaque jour.
Voilà pour ce liminaire, certes un peu allongé, mais utile à mes yeux, pour vous parler de nos affaires européennes.
Et de quoi va-t-on parler d’ailleurs ?
De la directive « cosmétiques », qui interdit l’utilisation de certains composants, pour protéger la santé des consommateurs, mais réduit du même coup la palette de choix des fabricants de parfums qui prédisent la fin de certaines fragrances historiques ? (Europe Hebdo du 18/03/10, merci au passage pour vos commentaires).
Du thon rouge, que l’Europe avait promis de sauver, mais que l’on va continuer à pêcher, même si on le fera moins, en Méditerranée et dans l’Atlantique, parce que l’Europe a tardé à faire connaître sa voix sur ce dossier ?
Du bonheur en Europe, avec un reportage au Danemark, royaume béat ou la vie coulerait paisible ?
Au fond, on peut parler de tout. Pourvu qu’il y ait juste un peu de vie.
Même désordonnée et fragmentée. Dans les couloirs, derrière les vitres. C’est l’esprit de ce blog.
A la semaine prochaine.
KG
Crédit photo : Certains droits réservés par Soroll / Flickr
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Les commentaires sur cet article :
Jonathan le 27 mai 2010
Il me parait bien beau ce lieu, mais le fait est que la presse est bien mal perçu, j’ai entendu l’invité de ce matin sur la tv buisness (pas de pub !). Le fait est qu’une certaine presse est détestée par les politiques, que certains cadres et entrepreneurs n’aiment pas les mesures du gouvernement, moi il m’arrive de m’énerver sur certains propos et une avancée sociale ralentie. Et dans tous ça, en Belgique, comme en France, en Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Espagne, Portugal, etc, des islamistes viennent à faire de la propagande sur internet à propos de leur loi. Je vois bien que chacun tire la corde à son sort, mais la population commence à en avoir assez, et c’est justement une partie de cette population qui est honnête, qui réfléchis et qui aime les valeurs démocrates de notre Europe. Alors il serait temps de faire bouger les choses, et que les prises de positions philosophiques, journalistiques ou entrepreneuriale viennent débattre sereinement sur la continuité que l’on donnera à notre Europe, on est pas dans un pays où tout doit mal aller mais bien où l’intelligence doit supporter et porter les réalités libérales et sociales que l’avenir suppose dans un destin incertain et de risque. Mais cela je crois que ce n’est pas encore encré dans les médias. Je te remercie de m’avoir lu Kathia, moi je t’es emmené dans une réflexion spontanée, mais avant que le parlement se dote d’un vrai gouvernement, il est nécessaire de résoudre certaine question fondamentale (sécurité, budget, éducation, culture). Je le trouve beau le bâtiment sinon, si le premier ministre me paye la visite je suis ok.
olivier le 20 septembre 2010
Bonjour,
J’ai cherché les photos amusantes du blog d’Arianna Huffington sur les attitudes équivoques des politiques américains (du genre Bush qui tient par la main un dignitaire saoudien, une autre photo qu’on dirait volée à la sortie du lycée où tel et tel hommes politiques donnent l’air de s’embrasser) mais je ne les ai pas trouvées.
Quel est le lien ?
Merci. Olivier.