Le 17 février 2012 à 18h05, mis à jour le 17 février 2012 à 18h05
« Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j’attaque »… Nicolas Sarkozy semble s’inspirer du Maréchal Foch à la bataille de la Marne de 1914. Face à une impopularité record pour un président-candidat sortant, et à un bilan sévèrement jugé par les Français, après avoir tenté de se représidentialiser, il se lance à fond dans la bataille. En prenant tous les risques et souvent le contrepied de ses conseillers. Il devait rester président jusqu’à la mi-mars ? Il brusque son entrée en campagne. On l’attendait en rassembleur, façon France unie de François Mitterrand ? Il met la barre à droite toute, recherchant les clivages et levant les tabous. Contesté sur son bilan économique en termes de chômage, de pouvoir d’achat et de déficit, il ressuscite les valeurs de 2007 : travail, responsabilité, autorité. On lui reproche d’être le président des riches ? Il sort le référendum, c’est-à-dire, explique-t-il l’appel au peuple contre toutes les « élites » : politiques, syndicats, experts qui « parlent à la place du peuple ». Et pas sur n’importe quel sujet : l’indemnisation des chômeurs et l’immigration, deux thématiques qui devraient séduire l’électorat du Front national.
Dans son premier meeting à Annecy, il lâche ses coups avec jubilation. François Hollande le devance largement pour ce qui est de la sincérité ? Il l’accuse, sans le citer, de mentir « matin et soir », et « d’affaiblir la France » en matière de politique familiale, de retraite ou de filière nucléaire. Nicolas Sarkozy se pose en candidat du mouvement et de la réforme, face à son adversaire socialiste qui représenterait la France flou, le monde d’hier.

La machine est lancée, elle ne s’arrêtera pas assurent les proches du président. Une idée par jour, une campagne de proximité au plus près des Français, bientôt un petit livre pour solder les erreurs du passé sans tomber dans la repentance… L’objectif est de saturer l’espace médiatique et de mettre le PS sur la défensive. « Avec le renfort des électeurs de Christine Boutin et d’Hervé Morin qui se sont ralliés, les courbes avec François Hollande pourraient se croiser à la mi-mars, au moment du méga meeting de Villepinte » veut-on croire à l’Elysée. Et c’est sur cette dynamique que pourrait se construire la victoire du second tour.
Face à ces assauts, François Hollande campe sur son Aventin de candidat rassembleur, qui refuse le pugilat et les invectives, tout en dénonçant néanmoins les caricatures de son adversaire. « Il est l’homme de la crise, je dois être le président de la sortie de crise » conclut-t-il.
Sondeurs et experts donnent rendez-vous dans une dizaine de jours : si Nicolas Sarkozy ne progresse que de 3 ou 4 % dans les intentions de vote, le second tour sera difficile, sauf si une crise financière ou internationale ne vient bouleverser la donne. S’il refait son retard et dépasse un François Hollande en difficulté, tout est possible. Mais cela suppose qu’il puisse retisser les liens avec les catégories populaires et faire oublier le bilan décevant de celui qui s’était présenté comme le candidat du « travailler plus pour gagner plus ». Le tout en étant dans la position du sortant, cible permanente des autres candidats, sans le sas d’une cohabitation. Il n’y a que 2 précédents : celui, victorieux, du général de Gaulle, mais c’était de Gaulle et c’était une autre époque, et celui de Valéry Giscard d’Estain en 1981, qui avait perdu…
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Les commentaires sur cet article :
ali le 18 février
L"affiche de Nicolas SARKOZY : "La France Forte" http://www.lafranceforte.fr/
Fait étrangement penser à : "Français, travaillez en Allemagne. Pour une FRANCE PLUS FORTE" Affiche de propagande pétainiste de 1943 https://p.twimg.com/Al3HJvPCAAAi6Hh.jpg