Le 3 février 2012 à 16h51, mis à jour le 3 février 2012 à 17h07
La bipolarisation est de retour. L’année avait démarré par une poussée des 2 outsiders, Marine Le Pen venant talonner Nicolas Sarkozy, François Bayrou doublant son capital en passant de 7 à 14% des intentions de vote.
Mais François Hollande, a relancé une campagne jusque là un peu brouillonne avec sa démonstration de force au Bourget et son duel télévisé où il a dominé Alain Juppé. Les Socialistes, à l’image de Martine Aubry face à françois Fillon sur France 2, font corps avec lui et les sondages sont repartis à la hausse, le positionnant autour de 30% au premier tour.

Nicolas Sarkozy a plutôt réussi son émission de télévision du 30 janvier, regardée en direct sur 6 chaînes par 16 millions et demi de téléspectateurs. Il le fallait, après une érosion des sondages, une série de mauvaises nouvelles – perte du triple A, hausse du chômage – et les doutes dans sa majorité à la suite notamment de ses confessions guyanaises sur une possible défaite. L’annonce d’une baisse des charges patronales compensée par de la TVA, d’accords emploi-compétitivité dans les entreprises et de mesures sur le logement ou l’apprentissage avait pour objectif de le positionner en président réformateur et courageux. Surtout, il s’est remis au centre du débat, obligeant ses adversaires à commenter ses initiatives, même si elles ne seront pas appliquées avant l’élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy apparait en grande forme à tous les élus de la majorité qu’il reçoit. Il leur regonfle le moral, et dans une subtile utilisation du « off » ceux-ci s’empressent de répercuter les propos présidentiels. « Faites-moi confiance, j’ai des idées et elles seront chocs sur l’éducation, le chômage, l’emploi… » a-t-il confié, confirmant qu’il décidera seul de l’annonce de sa candidature mais que son entrée en campagne sera « foudroyante ». Un presque candidat qui étrille François Hollande, un adversaire jugé arrogant et démagogue qui aurait déjà brulé toutes ses cartouches et qui « pouf ! Vient de se prendre de la farine sur la tête ! ». Optimisme surjoué ? Le président sortant s’est néanmoins stabilisé en légère hausse dans les sondages.

Cela lui permet de creuser l’écart avec Marine Le Pen et de sortir du scénario catastrophe d’un 21 avril à l’envers. La candidate du FN doit faire face aux attaques très vives de Jean-Luc Mélenchon qui la traite de « demi-démente ». Il espère ainsi lui reprendre une partie de l’électorat ouvrier, un électorat où, selon l’IFOP, elle obtient les meilleurs scores derrière François Hollande.
François Bayrou est aussi à la recherche d’un second souffle. Se posant en statue du commandeur, il dénonce les incohérences de Nicolas Sarkozy et les illusions de François Hollande en matière de déficits. Il prône un remède de cheval avec hausses des impôts et coupes franches budgétaires…mais sans préciser dans quelles dépenses. Il bénéficie de la mansuétude des 2 favoris qui lorgnent sur ses électeurs pour le second tour. L’UMP rappelle qu’il appartient à la famille de la droite, ce que confirment les Socialistes qui reprennent le précepte mitterrandien : « le centre n’est ni à gauche, ni à gauche ! »… sans toutefois durcir la riposte. Mais François Bayrou ne progresse plus, et son vote reste le plus fragile, puisque prés des deux tiers de ses électeurs assurent pouvoir encore changer d’avis. Son véritable espoir : que l’un des 2 favoris, et plus probablement Nicolas Sarkozy, dévisse et qu’il récupère ses suffrages.
Derrière Jean-Luc Mélenchon, qui progresse sur le dos de l’extrême gauche, les autres candidats sombrent, victimes du vote utile.
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Les commentaires sur cet article :
Gene le 4 février
je pense que les français ne veulent ni de Hollande (une mauvaise imitation de Mitterrand) ni de Sarkozy qui laisse un bilan désastreux !
Ils se sont fait piégés par l’Europe et la monnaie unique et sont incapables de prendre un décision intelligente pour la France qui serait : de sortir de l’euro et du traité de Maastricth !
Seule Marine Le Pen a la volonté et le savoir, pour faire face à cette situation désastreuse, dans laquelle nous nous trouvons.