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« Une grande école, pourquoi pas moi ? ». Cette question, aujourd’hui trop peu d’étudiants en France se la pose. Faute de communication, d’oser simplement tenter sa chance à un concours d’entrée d’une grande école ou parce qu’enfin, les lycéens sont de moins en moins nombreux à croire que le mot « diplôme » soit synonyme d’« emploi ».
Jusqu’au milieu des années 1970, l’ascenseur social fondé sur le principe républicain d’égalité des chances a remporté un vif succès, mais depuis il semble bien qu’il soit tombé en panne. Les diplômes sont de plus en plus obtenus, mais les emplois sont de plus en plus rares. En conséquence, côté orientation, le fossé se creuse entre les classes favorisées et défavorisées. La diversité sociale s’appauvrit dans les grandes écoles. Les enfants des cadres supérieurs y sont surreprésentés, ceux des milieux modestes sous-représentés. Ainsi, le principe de faire émerger une nouvelle élite républicaine par le seul critère du mérite est remis en cause.
Pour tenter d’endiguer ce phénomène inquiétant, Thierry Sibieude, un professeur de l’ESSEC, propose une idée en 2002 : « Et si les étudiants des grandes écoles françaises tendaient la main aux lycéens brillants, mais en perte de confiance, qui pensent que les études supérieures sont uniquement réservées à une élite sociale ? ». En pratique : un tutorat de trois ans est mis en place entre des étudiants de l’ESSEC et des lycéens dès la classe de seconde. Depuis, la machine est en marche, l’Etat salue cette initiative et propose une « charte de l’égalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence » en 2005, la même année que les violentes émeutes symptomatiques de la crise sociale que traverse le pays.
Une vingtaine de grandes écoles sont séduites par le projet, dont la plus emblématique placée sous la tutelle du ministère de la Défense : l’Ecole Polytechnique, installée à Palaiseau dans l’Essonne. C’est à cette ambitieuse expérience que se consacre ce film documentaire.
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