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Psychiatrie : nouvelle obsession sécuritaire ?
avec : André Flajolet, Paul Machto, Jean Canneva
Publiée le
16/03/2011
[Durée] 48mn
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Le projet de loi, débattu aujourd’hui, « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge » semble être une réaction hâtive et médiatique suite aux tragiques faits divers impliquant des malades mentaux.
En effet, les évènements meurtriers de Pau en 2004 et de Grenoble en 2008 ont alerté l’opinion publique sur la prise en charge des malades mentaux, notamment des schizophrènes. Déjà Nicolas Sarkozy avait réagit lors d’un discours prononcé le 2 décembre 2008 devant l’hôpital psychiatrique d’Anthony où il qualifiait les malades mentaux de « potentiellement dangereux, voire criminels ».
Ce virage sécuritaire, accentué par une médiatisation toujours plus importante, est dénoncé par de nombreux psychiatres qui ont formé le Collectif des Trente-Neuf, auquel de nombreux politiques, magistrats, médecins et sociologues se sont ralliés. Ce Collectif critique la mesure centrale du texte qui rend les soins obligatoires « sans consentement sur décision du représentant d’Etat ». Ainsi, les soins à domicile deviendraient contraignants, et pourraient être obligés après une observation de trois jours (« une garde à vue » selon le Collectif). De plus, ce texte prévoit la création d’un fichier national où seraient répertoriées toute personne ayant été soumise aux soins sans consentement.
Alors que ces malades nécessiteraient un développement des soins de proximité avec la création d’un véritable lien relationnel basé sur la confiance, ce projet de loi semble les isoler davantage.
« La psychiatrie est l’affaire de tous » clame le Collectif qui dénonce un projet de loi superficiel qui ne vise qu’à rassurer les Français alors même que la moitié des lits en hôpital psychiatrique ont été supprimés ces vingt dernières années.
Assiste-t-on à un véritable recul des droits des patients et de leurs familles ? La quête du « risque zéro » par le Gouvernement est-elle irraisonnée ?
Invités :
+André Flajolet, député UMP du Pas-de-Calais
+Paul Machto, psychiatre et membre du Collectif des Trente-Neuf
+Jean Canneva, Président de l’UNAFAM (Union Nationales des Amis et Familles de Malades Psychiques)
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Les commentaires sur cet article :
zyplox le 16 mars 2011
J’étais hier au rassemblement à coté de l’assemblée, avec les 39, nous étions environ 500 pour dire non !
Farid le 16 mars 2011
Combien de maladies mentales ont été guéries grace aux soins psychiatrique depuis ses premiers hopitaux ? Le Dsm est il vraiment la bible du psychiatre ?
Farid le 16 mars 2011
Serait il possible de guérir les malades sans psychotrope ?
Farid le 16 mars 2011
"Il n’existe pas la moindre preuve qu’un scientifique digne de ce nom jurerait valide pour démontrer que les prétendues maladies mentales soient un déséquilibre chimique, tout cela est de la fraude." [Docteur Psychiatre Ron Leifer]
Farid le 16 mars 2011
Sarkosy veut il se faire la popularité qu’a eût William Battie au début du 18ème siècle ?
schtroumphette le 16 mars 2011
Il y a un problème dans la compréhension du terme "maladie mentale", les gens confondent les dépressifs, les schizophrènes, les alcooliques, … et les dangereux violents meurtriers. Ce n’est pas la même chose !!! Cette loi mettrait tout le monde dans le même panier, et il faut pas oublier que personne n’est à l’abri d’une maladie mentale !! Il y a des gens peu scrupuleux qui profiteraient de cette loi pour régler ses compte (je pense à des règlements familiaux, de couples en cas de conflits), les diagnostiques mal posés (je pense aux médecins qui confondent encore des cas de schizophrènes à des dépressions légères) et un malade mental reste un citoyen qui a les mêmes droits que les autres. Ce n’est pas être violent et meurtrier que de faire une dépression !!! Pourtant on est malade mentale si on respecte le terme !!! Il existe déjà ces dispositions : une personne peut se faire interner hors de son grès dans certains cas de violence, de mise en danger et pour cela il suffit de faire appel au préfet ou de le signaler à la gendarmerie ou à son médecin !!! Comment créer des protocoles universels ? Le gouvernement est loin de comprendre la maladie mentale alors c’est audacieux et irresponsable de créer des protocoles. Commençons par protéger ces gens, par les accepter, par les considérer, par les aider, les comprendre. D’où vient la maladie psy ? Comment la traiter ? On a encore tant de progrès a à faire. Encore faudrait il avoir le budget pour faire des recherches mais tout le monde s’en fout c’est bien plus simple d’enfermer les sois disant fous ! Je suis dépressive et je vous assure que je suis en rien dangereuse et meurtrière. Pour avoir vécue 4 ans en hôpital psy il y a de nombreux dysfonctionnements graves. J’y suis entrée après une tentative de suicide et on m’a dit que j’étais schizophrène. Après 4 ans de traitement qui avait mis en péril ma santé il s’avère que ce médecin s’était trompé j’étais dépressive et le traitement inadapté me créait des effets secondaires graves : hallucinations, pertes de mémoire, insomnies, asthénie, sudations excessives, colères excessives……….. Si ça c’est pas grave ! Alors si en plus on fait passer cette loi !!!! Les conséquences seront dramatiques. Je vous raconterez mon histoire si vous voulez.
schtroumphette le 16 mars 2011
Toutes mes excuses pour l’orthographe j’étais passionnée par le sujet et j’ai pas pris la peine de me relire. Ne m’en voulez pas, le cœur y est c’est déjà ça !
schtroumphette le 16 mars 2011
Toutes mes excuses pour l’orthographe j’étais passionnée par le sujet et j’ai pas pris la peine de me relire. Ne m’en voulez pas, le cœur y est c’est déjà ça !
jade le 16 mars 2011
Bonsoir,
Je viens d’écouter votre émission, qui me déçoit sincèrement, en effet le sujet abordé n’est pas assez approfondi. Votre émission ne fait que survoler un domaine très complexe. Le mental ne s’explique pas en 30 minutes. Des lois peuvent être votées tous les jours, si les moyens nécessaires au suivi des personnes souffrantes de troubles mentaux ou psychiques ne sont pas donnés aux professionnels de la psychiatrie, vos lois ne servent à rien. La souffrance psychique n’est pas exclusivement dans la rue, elle est au sein des familles, qui vivent très durement et souvent en silence, la souffrance d’un de leur proche, et malheureusement ces proches ne sont souvent pas assez associé dans le suivi médical du patient atteint de troubles psychiques qu’ils connaissent bien. Bonne soirée
julius le 17 mars 2011
on stigmatise, on stigmatise, on a plus de chance de ce faire racketter et planter, que de se faire agresser par un malade mentale. Si tout le monde était enfermer le problème serait régler mais ou serait la justice, et ou serait le justiciable.
Marotte le 17 mars 2011
A l’intention de Guy Lefranc
"… Ceux qui se croient indemnes, Qu’ils rejoignent les sages Groupés devant la porte ; Qu’ils prennent patience, Gardant leur bonne humeur Jusqu’à ce que je rentre De la prochaine foire Où j’irai à Francfort Leur chercher des bonnets…"
Dr Sebastian Brant (Strasbourg 1457-1521 ) La nef des fous (1494 )
Bubble le 17 mars 2011
Bonjour, Maman d’une jeune personne incapable de discernement à certains moments de sa vie, aimerait être aidée par les personnels infirmiers nommés par les médecins psy. à être accompagnée pour une démarche vers des soins. Sans aide, la famille du proche est bien démunie et perdue. Aidez les familles à accompagner ses proches vers les soins. Merci.
Bubble le 17 mars 2011
Ces maladies psychiques sont reconnues avec un handicap par la MDPH. Donc on prend soin des handicapés en les aidant d’une certaine manière, souvent si le handicap est visible, on comprend mieux l’aide. Tandis que là : Je demande une aide avec des déplacements à domicile du patient en rupture de traitement afin de l’amener vers les soins, insister, trouver une solution. Bubble
Sophie le 17 mars 2011
La maladie mentale fait partie de l’humain mais fait peur. Les gens mélangent la dangerosité et la maladie tout comme notre Président qui ne côtoie pas la maladie, mais qui en fait une caricature avec ces contres vérités ! TOUT EST DIT
Et la médecine ne doit jamais devenir politique. DANGER
Sophie le 17 mars 2011
La maladie mentale fait partie de l’humain mais fait peur. Les gens mélangent la dangerosité et la maladie tout comme notre Président qui ne côtoie pas les malades, mais qui en fait une caricature avec ces contres vérités ! TOUT EST DIT Et la médecine ne doit jamais devenir politique. Ou la politique ne doit pas s’insérer dans la médecine DANGER
Maya le 22 mars 2011
Dommage que le journaliste n’ait pas laisser plus de temps de parole à M Canneva qui est le porte parole des familles qui connaissent la maladie psychique et qui sont très souvent démunies dans l’urgence. Une phrase de M Martin m’a choquée : il rencontre un passant pieds nus et il dit : cette personne vit un "drame terrible" el va peut-être "agréssé quelqu’un" ! A t-il pensé une seconde M Martin que cette personne errant hagarde dans les rues pouvait être elle même agressé ? Les malades psychiques sont souvent exposés à des moqueries et de la maltraitance dans lieux publics.Alors OUI, je suis pour les soins en ambulatoires avec tous les actreurs du Social et Medico-social.-
roseline le 30 mars 2011
Comment est-il possible que dans ce monde moderne, il ne soit pas plus porté attention à nos concitoyens malades ou affaiblis par la maladie psychique ; à leurs familles qui supportent tout. Il y a quelque chose qui "bloque" au niveau des services de l’A.R.S. (ddass) Il n’y a pas d’hopitaux spécialisés pour du repos de malades psychiques, il n’y a plus de formations des personnels infirmiers en psychiatrie. On met tout type de malade mélangé avec d’autres… Les médecins généralistes ont très peu de formation durant leur cursus scolaires, sont démunis et ne comprennent pas grand chose. Ils pourraient se former individuellement, mais rares ceux qui le font après avoir ouvert leur cabinet. Ils sont très fragiles vis à vis d’un patient à problème psychique et très peu d’entre eux interviennent directement pour une hospitalisation. Il devrait exister des systèmes de soins ambulatoires plus solides… Faire bouger les mentalités sur ce handicap psychique… éduquer un peu plus la population. Sensibiliser les personnels infirmiers et médecins par des formations obligatoires qui passeraient par la psychiatrie. ETRE PLUS SOUDES : LE CORPS MEDICAL ET LA FAMILLE, POUR LE BIEN-ETRE DU PATIENT. Enfin ouvrir des groupes de paroles pour les familles qui viennent de faire hospitaliser un de leurs proches… Tant de dépressions des familles, tant de désarroi… Il y a quelque chose à faire. Aidez nous. Roseline