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Zone rouge

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Nouveau départ de feu dans la zone euro. Après l'Espagne, l'Italie est à son tour attaquée sur les marchés. Stupeur dans la péninsule. L'Italie n'est pas la Grèce! Elle n'a pas menti sur ses comptes, possède un cadastre qui lui permet de percevoir l'impôt, sait tenir son budget etc. L'Italie n'est pas non plus l'Espagne. Elle n'a pas de problème avec ses banques, n'est pas victime d'une spéculation immobilière irraisonnée. Rien de cela. Au contraire. L'Italie a des atouts. Son industrie manufacturière est solide. Elle peut compter sur le dynamisme d'un solide maillage de petites et moyennes entreprises. Elle exporte sa haute couture, ses sacs, ses chaussures ... Son commerce extérieur est devenu excédentaire au mois de mars, plus de 2 milliards d'euros d'excédent, et son déficit reste largement inférieur à la moyenne européenne.

Fort de tant de bons résultats, le président du Conseil italien a assuré que son pays n'était pas fragile. L'Italie est un pilier de la zone euro ! Mario Monti l'a dit devant la représentation nationale italienne, jurant que Rome ne demanderait jamais l'aide de ses partenaires européens. Parole d'expert, applaudie à Berlin par l'auguste ministre des finances Wolfgang Schaüble, qui croit voir une reprise en Italie dès l'an prochain, à condition bien sûr que le pays ne dévie pas du cap de la rigueur. Au milieu du feu, Mario Monti reste serein.

Et pourtant la péninsule a elle aussi son talon d'Achille. Un endettement de 1900 milliards d'euros. Dans ce domaine, seule la Grèce fait pire. La dette ! Voilà le problème de l'Italie. Cette même dette qui menace d'embraser la Grèce et la zone euro avec. L'incendie va-t-il gagner d'autres pays ? La France est pour l'instant à l'abri, mais les investisseurs restent prudents. Ils attendent que la nouvelle majorité se mette sérieusement au travail, et annonce surtout son programme de réformes (et de réductions budgétaires) pour voir s'ils peuvent continuer à prêter de l'argent à Paris sans trop de risque. Signe de méfiance, les taux d'intérêt français à long terme ont recommencé à monter, alors qu'ils restent impérieux en Allemagne, valeur refuge du continent.

Les dirigeants européens se retrouveront à la fin du mois à Bruxelles pour un énième nouveau sommet de la dernière chance. Mais le pire pourrait arriver plus tôt que prévu. Dès l'issue des élections législatives fatidiques, ce dimanche en Grèce. Athènes est au pied de son destin européen. Une victoire de la gauche radicale (Syriza) pourrait précipiter le pays vers la faillite, et la sortie de la zone euro. Les Européens le savent, ils s'y sont même, pour une fois, préparés. Le téléphone rouge est en alerte, entre Berlin, Francfort, Rome et Paris. Mais l'incendie est juste circonscrit, pas maîtrisé. Cela veut dire que le feu peut reprendre à tout moment. Les pompiers sont-ils prêts ?