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Retour sur terre

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La colère noire a déferlé sur Madrid. Des centaines de gueules noires, défilant au pas comme un seul homme, casque vissé sur la tête, dans les rues de la capitale espagnole. Ils sont partis il y a une vingtaine de jours, des Asturies dans le nord du pays (région d'Oviedo), ils ont marché plus de 400 kilomètres de jour comme de nuit et ont fait irruption place Puerta Del Sol, ancien quartier général des Indignés.
La manifestation a commencé bonne enfant, avec pétards et sifflets inoffensifs, avant de dégénérer à coups de pierres et de bouteilles de verre lancées contre les policiers anti-émeutes, qui ont répliqué en tirant des balles de caoutchouc. Bilan des affrontements: plus de soixante-dix blessés.

Les raisons de la colère ? La baisse annoncée des aides du gouvernement espagnol au secteur minier. Une quarantaine de mines, les dernières du pays, sont menacées de fermeture. Coupes budgétaires, ajustements, rigueur, rigueur, rigueur, toujours la même histoire.

Pendant que les mineurs défilent, Mariano Rajoy annonce à son peuple de nouvelles mesures d'austérité, 65 milliards d'euros pour les deux ans à venir. C'est le prix à payer pour baisser le déficit public et donner le change à Bruxelles qui a accordé un petit délai à Madrid (un an de plus) pour réduire son déficit.
Parole de Dr Rajoy. Six mois après sa prise de pouvoirs, le premier ministre espagnol est à la tête d'un pays endetté et en récession. Il a juré vouloir maintenir le niveau de vie des retraités. Mais rien pour la jeunesse, massivement au chômage.

Les mineurs refusent d'être sacrifiés sur l'autel de la rigueur. Ils crient leur colère noire, un cri terrible venu des entrailles de la terre, repris en chœur par une population saignée à blanc, un cri qui gronde dans le pays. Avec eux c'est toute l'Espagne qui va au charbon.
"La guerre vient juste de commencer", prévient une gueule noire.
Noble combat que celui de ces travailleurs de l'ombre qui luttent pour leur survie, pour le maintien d'une activité minière qui se meurt. Une source d'énergie s'épuise … et le peu qui reste se paie cher. Les dirigeants européens devraient entendre ce cri, eux qui misent du lourd sur les banques. Ils devraient jouer banco sur l'innovation pour créer de nouvelles richesses, et créer de nouveaux emplois. Les mineurs les rappellent à la réalité, à la terre.