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Réfugiés : des barbelés au cœur de l'Europe

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Les portes se ferment, à l’Est de l’Europe. Berlin a rétabli les contrôles sur sa frontière, longue de 500 kilomètres, avec l’Autriche. Submergée par l’afflux continu de réfugiés, la Bavière a sonné l’alarme, estimant impossible d’accueillir tout le monde de façon décente. La mesure est provisoire. L’Allemagne ne « ferme pas sa frontière » aux demandeurs d’asile, elle prend juste le temps de savoir qui entre sur son territoire, et pour quoi faire, assure un porte-parole d’Angela Merkel. Mesure d’exception, dans un contexte de haute tension. Suivant l'exemple allemand, l'Autriche et la Slovaquie et l'Autriche ont, elles aussi, rétabli les contrôles de personnes à leurs frontières. La Pologne annonce qu'elle prendra des mesures similaires, si sa sécurité est menacée. A Budapest, le premier ministre Orban a ordonné la fermeture du principal point de passage avec la Serbie, pays non membre de l'Union européenne, à Röszke, annonçant que l'armée hongroise interviendra si nécessaire.

Des murs, des barbelés érigés au cœur de l’Europe. Des mesures anti-migrants. Des soldats postés aux frontières, prêts à charger. L'image pourrait être celle d'une autre époque, quand ces mêmes pays d'Europe Centrale et Orientale rêvaient de rejoindre "l'autre côté", de faire partie d'une seule et même Europe.

Le retour des frontières, qu'il soit durable ou provisoire, révèle l’ampleur de la crise migratoire qui frappe le continent. Faute de réponse commune, les États font selon leurs moyens et leur volonté, à leur échelon national. L'Allemagne plaide, depuis des mois, pour une répartition équitable des réfugiés entre les vingt-huit États-membres, pour que chacun prenne sa part dans la crise. Elle menace désormais de couper les aides européennes (fonds structurels) à ceux qui refusent d'assumer la charge des migrants. Pourquoi être aussi généreux avec ceux qui le aussi peu ? Chacun doit prendre ses responsabilités, dit-on à Berlin. La France a fini par répondre à l'appel, suivie par le Royaume-Uni mais les volontaires sont peu nombreux, la solidarité européenne inexistante. Réunis en urgence, les ministres de l'Intérieur ont encore échoué à trouver un accord. La question est renvoyée à plus tard.

L'Europe est divisée et dépassée par la crise. Depuis le début de l'année, plus de 500 000 réfugiés sont arrivés sur le continent. Frontex, l'agence censée assurer le contrôle aux frontières extérieures, ne remplit pas correctement sa mission. La vaste zone de libre circulation née sous les vivats en 1985 est aujourd'hui remise en cause. Sa mise en place devait aller de pair avec la création d'un droit d'asile européen. Vingt ans après, ce dernier n'existe toujours pas. Chaque pays a son propre régime d'asile.

Confrontés à un défi sans précédent, un exode jamais vu depuis la seconde guerre mondiale, les États ont le devoir d'agir. Ils doivent accueillir ceux qui fuient la guerre, les persécutions, nombreux dans le flot de migrants actuel. Des hommes, des femmes, des enfants qui n'ont plus rien à perdre, parce qu'ils ont déjà tout perdu. L'Europe aura beau ériger des murs et des barbelés, poster ses militaires aux frontières ils seront toujours là. Prêts à tout pour rejoindre notre continent, au risque de mourir aux portes de la forteresse Europe.