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L’espoir ou le chaos.

Paris-Bruxelles express : le blog de Kathia Gilder
2 min

Hélas la Grèce retournera aux urnes. La nouvelle tentative pour former un gouvernement de coalition a échoué. "Nous allons vers de nouvelles élections dans de très mauvaises conditions", a reconnu à la sortie de la réunion, fataliste, le chef des socialistes du PASOK Evangelos Vénizélos.

C'est ce qui pouvait arriver de pire au pays. Une crise économique et maintenant l'impasse politique. Et surtout l'arrivée au parlement national de députés d'extrême-droite à l'instar des troupes de Nikolaos Michaloliakos. Le chef du parti Aube dorée veut rendre la Grèce aux Grecs et propose, bras tendu vers l'horizon, de miner la frontière gréco-turque, principale porte d'entrée de l’immigration illégale en Europe. Voici ce qu’ont produit les élections législatives anticipées.

Le 6 mai, les Grecs ont exprimé leur ras-le-bol et leur désespoir en donnant prime aux partis, xénophobes d’un côté, anti-austérité de l’autre, mais sans pour autant désavouer totalement les deux formations dominantes (conservateurs et socialistes) qui ont soutenu jusque là le programme de redressement économique imposé par l’Union européenne en échange de son aide. L'Europe, oui ! L'austérité, non ! Tel est le double message envoyé par les Grecs, par une population épuisée par deux années d'austérité sans pitié et sans issue, marquées par la hausse du chômage et la chute des salaires. Un message porté par le jeune représentant de la gauche radicale grecque (Syriza) Alexis Tsipras, qui rejette le plan de sauvetage européen mais souhaite que son pays garde l'euro.

A l’issue de ces élections anticipées le paysage politique grec a éclaté. Il n’y a pas de majorité pour gouverner. Le pays est au bord de l’explosion sociale, du chaos.

En France, le 6 mai était aussi un jour de vote. Les électeurs ont fait le choix de l’alternance en portant François Hollande au pouvoir, et son espoir de changer l’Europe. Le président élu veut un changement de cap économique en Europe avec plus de croissance et moins d’austérité. Il vient de le dire à Angela Merkel qui l’a accueilli à Berlin le jour de l’investiture. Ce premier rendez-vous bilatéral entre le nouveau chef d’État français et la chancelière française n’a pas été sans nuages. Mais sur la Grèce la France et l’Allemagne ont scellé l’union sacrée, souhaitant d’une seule voix qu’Athènes reste dans la zone euro. Elles ont même envisagé des mesures particulières pour relancer l’activité dans le pays malade de sa dette, de ses folles dépenses et de son État, incapable de se réformer.

Mais la croissance ne reviendra pas demain en Grèce. A moins d’accomplir les douze travaux d’Hercule, et encore ! Dans l’immédiat, il n’y a plus d'interlocuteur pour négocier la suite du programme d’aide. Le Fonds monétaire international a déjà exclu de travailler avec le gouvernement provisoire. Et en attendant un hypothétique retour de la croissance à Athènes, les marchés spéculent sur la sortie de l’État grec de la zone euro, un scénario baptisé Grexit (contraction de Grèce et exit).

Il est temps d’agir, d'engager le redressement du pays. C'est d'abord de la responsabilité des Grecs de dire clairement s'ils veulent rester dans la zone euro, et donc en accepter les contraintes, ou la quitter. Les Européens, eux, réfléchissent à un plan Marshall pour relancer la croissance en Grèce et même sur l'ensemble du continent. C’est le seul petit espoir qui reste pour Ellas. Petit. Mais réel. L’espoir ou le chaos.