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Le mot interdit

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La zone euro a eu chaud. Elle a bien failli se désintégrer, emportée par la crise de la dette ! Heureusement, grâce à un énième nouveau sommet d'urgence de la dernière chance qui a permis de conforter la solidarité européenne, l'euro est sain et sauf. Les marchés lui ont accordé un répit, le temps de la pause estivale au moins. Pas de menace en vue sur la dette espagnole. Madrid respire: Le premier ministre Mariano Rajoy a obtenu de ses partenaires une ligne de crédit pour aider les banques ibériques en difficulté sans mettre le pays sous perfusion internationale.

A Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement ont aussi engagé les grands travaux d'avenir. Ils ont perpétué le fonds européen d'assistance aux malades de la dette en inventant un mécanisme capable d'intervenir directement au secours des États détresse, avec un potentiel de frappe de 500 milliards, ce qui n'est pas rien.
Mieux: les dirigeants européens ont trouvé la martingale pour résoudre la crise. Ils ont donné le feu vert à la surveillance généralisée des banques sous le contrôle d'un régulateur suprême européen. Désormais, si une défaillance arrive, les États (c'est-à-dire les contribuables européens) n'auront plus à payer. Les banques se débrouilleront seules.

Les décisions du conseil européen ont fait retomber la pression sur les marchés pour un temps. Cela ne devrait pas durer. La menace couve. Signe d'alerte, les taux d'intérêt espagnols et italiens sont repartis à la hausse. Les investisseurs veulent des actes, du solide, des travaux définitifs. Finie la vie à crédit, les gaspillages, les dépenses inutiles, les prébendes, les pays européens sont rappelés à la réalité, conduits de force sur le (droit) chemin de la rigueur budgétaire. La rigueur est une nécessité nationale! proclame depuis Rome Mario Monti. Le président du conseil italien a annoncé à son peuple un nouveau plan d'austérité de 26 milliards d'euros, le cinquième en deux ans ... Même régime à Lisbonne, où le premier ministre Pedro Passos Coelho promet d'étendre à tous les Portugais les coupes salariales qui touchent les fonctionnaires et les retraités. Paris n'y échappera pas. Même si la France reste une zone de confiance sur les marchés. Même si le gouvernement refuse de prononcer le mot interdit.

Rigueur, rigor, rigore, härte, austerity ... Pourquoi serait-il honteux d'être rigoureux ? Au contraire, en temps de crise la rigueur, lorsqu'elle va avec l'esprit de responsabilité et le sérieux budgétaire, est de mise. Pas de confiance ni de croissance sans rigueur. Axiome. Il faut bien payer ses dettes …