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Croissance ...

Paris-Bruxelles express : le blog de Kathia Gilder
Moins de 2 min

Sur le continent européen assombri par la récession, des voix s'élèvent pour réclamer de la croissance. Les appels viennent de France, d'Espagne, d'Italie, du Royaume-Uni, de Bruxelles et de Washington. Dans les pays, à la Commission européenne, au Fonds monétaire international, tout le monde veut de la croissance. Même Mario Draghi. Il l'a dit. Non pas depuis son siège au trente-cinquième étage de l'Eurotower à Francfort, mais devant les députés européens, dans l'hémicycle de Bruxelles où la commission des Affaires économiques et monétaires l'auditionnait:

" Actuellement, ce que j'ai le plus à l'esprit, c'est la nécessité d'avoir un pacte de croissance", a reconnu le très auguste président de la Banque centrale européenne.

Sa parole a eu un effet immédiat, sur les marchés, aussitôt rassurés par la bonne nouvelle et sur la campagne électorale française, chaque candidat y voyant un signe d'encouragement à son programme. Elle a aussi déclenché une flopée de commentaires: Incroyable! Spectaculaire! Du jamais vu! Une première! De la bombe!

Qu'a donc dit Mario Draghi ? Qu'en période d'austérité, il fallait aussi penser à stimuler l'activité pour éviter d'aggraver la récession. C'est en substance ce qu'a dit le patron de la BCE, même si personne n'était dans sa tête ce jour-là pour le vérifier. Mais pour le patron de l'institution de Francfort, la croissance passe par des réformes de fond (réforme du marché du travail, dérèglementation etc.) et par une gestion saine des finances publiques. La croissance oui, mais pas question de relâcher les efforts de rigueur budgétaire, les deux sont complémentaires. C'est le message. Aucune parole magique, la BCE n'en fera pas plus pour la croissance, son rôle officiel est de lutter contre l'inflation, pas de s'occuper de croissance, bref le changement de cap européen n'est pas pour maintenant.

En attendant, la croissance tarde. Comment la faire venir ?
Avec de grands projets, dans le domaine des énergies renouvelables, des transports etc. financés sur le budget européen. Le quotidien espagnol El Pais croit même savoir qu'un "plan Marshall" de l'ordre de 200 milliards d'euros se prépare à Bruxelles. De quoi tirer d'affaires non seulement la Grèce, et le Portugal mais aussi l'Espagne et les Pays-Bas, frappés à leur tour par la récession. Pas si vite. La Commission européenne dément le chiffre. La question est renvoyée au conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles.
La chancelière allemande l'a confirmé : elle parlera bien croissance avec celui qui sera élu le 6 mai prochain. C'est à l'ordre du jour du sommet de Bruxelles.